Trois hommes ont été condamnés pour un projet terroriste déjoué visant des cibles juives dans la grande région de Manchester, à l’issue d’une opération sous couverture que la police décrit comme l’une des menaces les plus graves observées au Royaume-Uni depuis plusieurs années.
Les frères Walid Saadaoui, 38 ans, et Bilel Saadaoui, 36 ans, ainsi qu’Amar Hussein, 52 ans, ont été reconnus coupables mardi devant la Cour de la Couronne de Preston. Walid Saadaoui et Amar Hussein ont été déclarés coupables de préparation d’actes terroristes en vertu de la loi antiterroriste de 2006. Bilel Saadaoui a lui été reconnu coupable de non-divulgation d’informations concernant un acte de terrorisme.
Selon l’accusation, Walid Saadaoui croyait communiquer avec un extrémiste partageant ses idées, prêt à l’aider à importer des armes automatiques. En réalité, il s’entretenait avec un agent infiltré connu sous le nom de « Farouk », qui a passé plusieurs mois au cœur du complot. Les enquêteurs ont révélé que Saadaoui avait évoqué des plans visant la communauté juive, réalisé des repérages à Salford, et visité le port de Douvres, espérant que des armes pourraient y être introduites clandestinement. Amar Hussein a rejoint le complot par la suite, rencontrant Farouk et discutant de la logistique. Bilel, le frère de Walid, connaissait les projets mais n’a pas alerté les autorités.
Les trois hommes seront condamnés le 13 février 2026.
Le commissaire adjoint Rob Potts, de la police antiterroriste du Nord-Ouest, a qualifié cette affaire d’« une des disruptions de complots terroristes les plus importantes que nous ayons vues au Royaume-Uni depuis plusieurs années », soulignant l’ampleur potentielle de l’attaque.
Il a décrit l’attaque planifiée comme « un acte odieux, né de la haine et de l’intolérance » et ajouté que, si elle avait réussi, elle aurait pu être « l’une des attaques terroristes les plus meurtrières jamais perpétrées sur le sol britannique ». Potts a également mis en lumière les risques encourus par l’agent infiltré, précisant qu’il « s’est exposé à des dangers considérables à chaque rencontre avec ces deux terroristes en herbe ».
Cette affaire s’est déroulée dans un climat d’inquiétude accrue au sein de la communauté juive. Sir Stephen Watson, chef de la police du Grand Manchester, a déclaré que les motivations des auteurs étaient liées à l’antisémitisme et a salué la coopération policière qui a permis de déjouer le complot. Il a affirmé : « Ils cherchaient à semer le massacre parmi les innocents, mais l’engagement exceptionnel de nos forces a empêché que cela se produise ». Il a ajouté que « une attaque terroriste contre nos amis et voisins juifs est une attaque contre nous tous » et a insisté sur le fait que la police continuera à « rester aux côtés de toutes nos communautés ».
Les forces de l’ordre ont poursuivi leur collaboration avec les groupes communautaires, notamment le Community Security Trust, tout au long du procès. Ces condamnations interviennent deux mois après une autre attaque ciblant la communauté juive de Manchester et font suite à plusieurs incidents récents à l’international, dont une attaque meurtrière à Sydney. Les autorités ont souligné que cette issue devait rassurer le public quant à la surveillance active et à la neutralisation des menaces à haut risque.