Le dernier rapport annuel du Département américain de la Défense sur les développements militaires chinois exclut étonnamment le Pakistan de la liste des acheteurs potentiels du chasseur furtif chinois de cinquième génération FC-31. Cette absence marque un net changement par rapport aux indications précédentes sur l’intention d’Islamabad d’acquérir une version terrestre de cet appareil.

Publié le 23 décembre 2025, le document intitulé “Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China” met en lumière les ambitions croissantes de la Chine dans l’exportation de chasseurs. Il précise qu’en mai 2025, le FC-31 — connu sous son nom domestique J-35A — n’a enregistré aucune vente ferme. Toutefois, il mentionne les “clients intéressés” que sont l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, positionnant cet appareil comme un concurrent des avions occidentaux de cinquième génération tels que le F-35.

Cette omission du Pakistan est particulièrement notable au regard des déclarations répétées des responsables pakistanais, y compris du chef de l’armée de l’air, qui depuis début 2024 ont exprimé leur volonté d’intégrer le FC-31. Des rapports datant de la mi-2025 faisaient état d’une possible livraison imminente, avec des pilotes pakistanais en formation en Chine. Ces éléments faisaient du Pakistan le client export potentiel prioritaire, avec un ordre estimé entre 30 et 40 exemplaires équipés de missiles à longue portée avancés PL-17.

L’évaluation du Pentagone pourrait refléter une prudence face à des accords non confirmés ou une attention portée prioritairement aux marchés du Moyen-Orient, où la Chine commercialise activement le FC-31 comme une alternative compétitive et économique, notamment face aux restrictions imposées à la vente du F-35 américain. Parallèlement, le Pakistan renforce sa dépendance aux plateformes chinoises, opérant déjà des J-10C et participant à la co-production des JF-17, avec 36 J-10C livrés dans le cadre de commandes en cours.

Pour l’Arabie saoudite, la présence dans le rapport concorde avec la recherche active de Riyad pour moderniser sa flotte de Eurofighter Typhoon et F-15. Le FC-31 doit rivaliser dans un marché complexe, face à des options telles que des Rafale supplémentaires, les variantes F-15EX, le chasseur turc KAAN, voire des programmes collaboratifs de sixième génération avec des partenaires occidentaux.

Cette sélection dans le rapport du Pentagone illustre les dynamiques changeantes des exportations chinoises en matière de défense, qui privilégient les États du Golfe pour les premières ventes de technologies furtives avancées, tandis que des partenariats de longue date comme celui avec le Pakistan continuent à évoluer via des voies établies. Alors que Pékin cherche à remettre en cause la domination américaine sur le marché mondial des chasseurs, le succès à l’export du FC-31 demeure un indicateur clé de son influence géopolitique et militaire en pleine évolution.