Suite au succès des obusiers M777 lors de l’opération Sindoor, l’armée indienne envisage de renforcer sa capacité en artillerie ultra-légère. Ces pièces d’artillerie ont démontré leur efficacité et leur mobilité en haute altitude, confirmant leur importance pour les opérations dans des zones montagneuses telles que le Ladakh et l’Arunachal Pradesh.

L’armée étudie également une modernisation importante de sa flotte actuelle de M777. Des discussions avec BAE Systems portent sur le remplacement des tubes actuels de calibre 39 par des tubes plus longs de calibre 52, ce qui permettrait d’améliorer la portée, la puissance de feu et la létalité, tout en conservant l’avantage de légèreté et de mobilité des obusiers ultra-légers.

La flotte existante, composée de 145 obusiers M777A2 calibre 39, devrait donc subir une mise à niveau à mi-vie avec l’installation des tubes calibre 52. BAE Systems a déjà soumis une proposition pour remplacer les tubes actuels chromés par des tubes en alliage de titane plus longs, similaires à ceux utilisés sur le canon britannique L121 et le modèle M777ER à autonomie étendue. Cette amélioration, bien que grevant le poids d’environ 400 kg, permettrait d’augmenter la portée maximale de 24-30 km (avec munitions base-bleed) à 40-50 km avec des munitions à portée améliorée (RAP) et de dépasser 70 km grâce aux projectiles à propulsion Ramjet récemment introduits par l’armée américaine.

Par ailleurs, et de manière plus intéressante pour l’industrie nationale, l’armée a informé discrètement Kalyani Strategic Systems qu’elle se positionne désormais comme un candidat sérieux. Le groupe basé à Pune a passé six ans à développer deux alternatives indigènes directement comparables au M777 :

  • Ultra-Light Howitzer–Steel (ULH-S) : 4 800 kg, construction intégralement en acier haute résistance, calibre 52 dès l’origine, ayant tiré plus de 3 000 coups en conditions réelles à Pokhran.
  • Ultra-Light Howitzer–Titanium (ULH-Ti) : 4 200 kg, plus léger que le M777, avec des renforcements en titane et un manchon de tube similaires à ceux utilisés par BAE, assemblé en Inde sous transfert de technologie d’un partenaire européen non divulgué.

Les deux modèles ont passé avec succès les tests internes de l’armée à des altitudes de 13 000 à 15 000 pieds dans le Sikkim. Le modèle titane a été transporté par hélicoptère Chinook jusqu’à une position de tir utilisée auparavant par le M777 tandis que le modèle acier a été tracté par un véhicule Ashok Leyland FAT 6×6 puis hissé sur une pente de 35 degrés à l’aide d’un bulldozer BEML. Ces deux systèmes ont atteint un rythme de tir soutenu de six coups par minute et ont touché des cibles situées à 42 km avec des munitions M982 Excalibur standard fournies pour l’épreuve. Notamment, les deux modèles pouvaient être démontés en charges adaptées aux suspensions d’hélicoptère et remontés par un équipage de six hommes en moins de douze minutes, un record surpassant celui du M777 actuel.

Selon les attentes, les nouvelles acquisitions de l’armée seront divisées en deux volets : environ 40 obusiers seront modernisés via l’option de mise à niveau BAE calibre 52 pour garantir une homogénéité avec la flotte existante de 145 pièces, tandis qu’un appel d’offres distinct sera lancé pour 40 à 60 nouveaux obusiers neufs. Kalyani affrontera lors de cette compétition tout concurrent international prêt à implanter une chaîne d’assemblage finale en Inde. Le ministère de la Défense a précisé que les considérations stratégiques et la rapidité de livraison seront des critères déterminants, ce qui traduit une forte préférence pour une production nationale si le différentiel de coût reste raisonnable.