L’Inde s’engage dans le développement d’une nouvelle génération de drones intercepteurs, spécifiquement conçus pour neutraliser les systèmes aériens sans pilote ennemis lors des conflits à venir. Cette initiative illustre l’importance croissante de la guerre drone sur les champs de bataille modernes. Ces drones intercepteurs seront optimisés pour contrer une large gamme de menaces, depuis les munitions rôdeuses jusqu’aux petits drones tactiques opérant à basse et moyenne altitude.
Selon les plans en cours d’élaboration, ces drones seront capables d’atteindre la vitesse et la maniabilité des drones hostiles et disposeront de multiples options d’élimination. L’un des concepts principaux prévoit l’utilisation de filets en Kevlar déployables en plein vol, destinés à être lancés sur un drone ennemi afin d’emmêler ses hélices ou ses surfaces de contrôle, ce qui le contraindra à s’écraser ou à descendre de manière contrôlée. Cette méthode s’avère particulièrement adaptée pour neutraliser les menaces au-dessus de zones sensibles, où la minimisation des débris ou explosions est essentielle.
En cas d’échec de cette interception non cinétique, le drone intercepteur pourra également exécuter une manœuvre de collision directe afin de détruire physiquement le système hostile. Cette option à effet hard-kill, bien qu’auto-sacrificielle, assure l’élimination même des drones les plus résistants ou rapides avant qu’ils n’atteignent leur cible. Cette philosophie de conception privilégie la certitude d’interception, quitte à perdre le drone intercepteur, notamment lors de la protection d’actifs ou formations à haute valeur stratégique.
Les drones intercepteurs fonctionneront grâce à une combinaison d’intelligence artificielle et de contrôle par opérateur humain. La détection, le suivi et la poursuite automatisés par IA permettront des temps de réaction rapides et un engagement autonome dans des paramètres préétablis, tandis que les opérateurs garderont la possibilité d’autoriser les frappes, notamment dans des espaces aériens complexes ou encombrés. Ces systèmes seront conçus pour opérer dans des enveloppes d’engagement comparables à celles des munitions rôdeuses ennemies, garantissant ainsi l’interception avant le déclenchement d’une attaque.
Parallèlement, l’Inde prévoit aussi de développer des drones intercepteurs équipés de charges offensives à courte portée, capables notamment de disperser des éclats vers les drones adverses. Agissant à très courte distance, ces charges cibleront des composants essentiels tels que les hélices, surfaces de contrôle ou capteurs, provoquant une perte de contrôle immédiate. Cette approche propose une alternative « hard-kill » sans recours à la collision directe, offrant plus de flexibilité face à des menaces agiles ou en essaim.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large des forces armées indiennes visant à mettre en place des défenses anti-drones multidimensionnelles et économiques, complétant les systèmes existants de guerre électronique et de défense aérienne terrestre. En dotant ses forces de drones intercepteurs combinant des options non létales et létales, l’Inde ambitionne de développer une capacité anti-UAS réactive et évolutive, apte à répondre aux défis complexes posés par l’évolution rapide des menaces aériennes sans pilote.