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En janvier, le Pentagone a annoncé le déploiement de 1 500 soldats et marines à la frontière américano-mexicaine, pour renforcer les 2 500 militaires déjà présents en soutien aux opérations en cours de la U.S. Customs and Border Protection.

Selon les responsables de la Joint Task Force–Southern Border, le commandement en charge de cette mission militaire, près de 8 500 militaires sont actuellement affectés à cette opération frontalière.

Cette augmentation des effectifs fait suite à un décret présidentiel signé le 20 janvier, qui a déclaré l’état d’urgence nationale à la frontière sud des États-Unis, ordonnant au ministère de la Défense d’assister le Department of Homeland Security dans la sécurisation de cette zone. L’administration Trump a également instauré plusieurs « zones de défense nationale » dans certaines régions de Californie, Arizona, Nouveau-Mexique et Texas, autorisant les troupes américaines à détenir temporairement des contrevenants avant leur transfert aux forces fédérales de l’ordre.

Cependant, cette mission frontalière rencontre plusieurs difficultés, similaires à celles de l’opération Lone Star lancée en 2021 par le gouverneur du Texas Greg Abbott. Cette initiative états-unienne, qui mobilise plusieurs milliers de membres de la Garde nationale du Texas pour la sécurisation de la frontière, fait face à des critiques concernant son coût et son efficacité.

La mission fédérale elle-même n’est pas exempte de défis.

En juillet, des sources ont révélé que le Pentagone avait détourné 200 millions de dollars de différents programmes militaires, y compris des fonds destinés aux casernements des militaires du rang, pour remplacer une barrière en filet par une clôture permanente sur le Barry M. Goldwater Range en Arizona. En mai, il avait déjà été rapporté que 1 milliard de dollars alloué à la gestion des casernements de l’armée avait également été redirigé vers cette mission frontalière.

Ces montants s’ajoutent aux 178 milliards de dollars réservés au Department of Homeland Security pour la sécurité frontalière et l’application des lois sur l’immigration, un budget qualifié par le Congressional Research Service de « plus important volet de crédits supplémentaires jamais présenté au Congrès ».

La frontière est aussi devenue un terrain d’expérimentation pour de nouvelles technologies. En août, des militaires ont testé des casques connectés, des drones aériens sans pilote (UAS) et des radars adaptés pour neutraliser les drones utilisés par les cartels.

Dans le même temps, des soldats de la 2e brigade Stryker ont été logés dans des casernements marqués par des conditions déplorables : climatisation défaillante, salles de bains fuyantes avec des eaux usées non traitées, et infestations d’insectes, d’après un rapport de l’Inspecteur général du Département de la Défense. Ce rapport évoque des logements situés sur le Doña Ana Range Complex au Nouveau-Mexique et à Fort Bliss au Texas.

Les responsables du U.S. Northern Command ont indiqué à l’Inspecteur général que les conditions d’hébergement avaient été modifiées, mais le rapport souligne que la task force de la frontière sud utilise encore trois casernements identifiés comme présentant des risques pour la santé et la sécurité.

Nous recherchons désormais les témoignages des milliers de soldats ayant participé à cette mission à la frontière américano-mexicaine, qu’ils y soient actuellement déployés ou aient déjà servi sur place. Vos retours sont essentiels pour raconter vos expériences et mettre en lumière les difficultés rencontrées sur le terrain.

Si vous avez servi dans cette mission et souhaitez partager votre vécu, merci de nous contacter via le formulaire dédié. Pensez à indiquer en objet « T&P Border Story » pour que votre témoignage soit bien pris en compte.