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Des responsables de la défense britannique ont expliqué aux députés que le Royaume-Uni doit tirer des enseignements de la guerre en Ukraine sans pour autant présumer que le pays mènera ses futurs conflits de la même manière, en insistant sur l’importance de l’intégration à l’OTAN, la robustesse des chaînes d’approvisionnement et la rapidité de préparation plutôt que sur une reproduction du modèle de combat ukrainien.

Lors de son audition devant la commission de la Défense, la lieutenant-général Anna-Lee Reilly a souligné la nécessité de prendre avec précaution les comparaisons avec l’Ukraine, avertissant contre les conclusions erronées tirées d’un conflit mené dans des conditions très différentes.

« On entend souvent dire qu’il ne faut pas combattre la dernière guerre mais préparer la suivante », a-t-elle déclaré. « Il est important de préciser que, comme indiqué dans la revue stratégique de la défense, nous opérons au Royaume-Uni sous l’égide de l’OTAN et qu’il existe une philosophie « OTAN d’abord ». »

Pour Anna-Lee Reilly, les forces armées ukrainiennes mènent une guerre existentielle dans des circonstances qui ne se traduisent pas directement dans la manière dont le Royaume-Uni et ses alliés opéreraient.

« Nous combattrions d’une manière très différente des Ukrainiens », a-t-elle affirmé. « Ils mènent une guerre existentielle et ne fonctionnent pas comme nous le ferions si nous étions en guerre. Il faut être prudent pour tirer les bonnes leçons. »

Cette distinction, selon elle, conditionne la façon dont l’armée britannique doit être structurée, conciliant des capacités de pointe et des systèmes pouvant être produits et remplacés en masse.

« Cela nous ramène à la façon dont l’Armée sera organisée, avec des capacités pointues et des capacités plus « jetables » en complément, » a souligné Reilly.

Interrogée par le député Fred Thomas sur les inquiétudes que le Royaume-Uni pourrait rencontrer des difficultés dans une guerre terrestre de type pair à pair similaire à celle en Ukraine, elle a décalé le débat du domaine de la doctrine vers celui de la capacité industrielle. « De mon point de vue, compte tenu de ma position, il s’agit des chaînes d’approvisionnement », a-t-elle expliqué en citant un avertissement de son homologue américain après l’invasion russe. « « Nos chaînes d’approvisionnement sont en guerre. Nous ne le savons juste pas encore. » Nos agences de production sont également concernées. »

Elle a lié cette analyse directement à la planification actuelle de la défense. « C’est ce que l’on observe dans la stratégie sur les munitions, ce que la revue stratégique de défense a mis en lumière, et ce que l’on retrouvera dans le plan d’investissement de la défense. Il s’agit d’être prêt le plus rapidement possible et de pouvoir répondre rapidement. »

La séance a également abordé la question de la préparation au-delà des armes et des munitions, notamment l’équipement destiné aux femmes en service. Reilly a indiqué que des progrès avaient été réalisés sur les tenues de combat mais a aussi reconnu des insuffisances persistantes.

« Les femmes ne sont pas de petits hommes, comme on le constate, » a-t-elle expliqué, ajoutant que le principal défi restait le développement de l’armure corporelle, en particulier les plaques balistiques.

Elle a mis en avant la collaboration avec la société NP Aerospace, qui développe des plaques d’armure spécifiques pour femmes, actuellement testées pour un usage par les forces ukrainiennes. « Si elles réussissent les tests, ce sera un tournant mondial, » a conclu Reilly, soulignant que ce succès pourrait à terme également bénéficier aux acquisitions britanniques.