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La Marine américaine progresse dans le développement d’une nouvelle classe de frégates, désignée FF(X), élément clé de la « Flotte Dorée » promue par l’administration Trump. Ce programme mise sur un design américain éprouvé, construit dans des chantiers navals nationaux et appuyé par une chaîne d’approvisionnement 100 % américaine, avec pour objectif prioritaire de déployer rapidement des capacités de combat en mer.

Lors d’une annonce vidéo, le secrétaire à la Marine, John C. Phelan, a présenté le FF(X) comme un petit combatant de surface agile qui viendra compléter les navires de guerre multimissions plus imposants de la flotte. Cette frégate est considérée comme un composant essentiel de la « flotte du futur », directement liée à l’initiative de la Flotte Dorée, soutenue au plus haut niveau politique. La Marine précise que cette classe de frégates s’appuiera sur la base du navire de sécurité nationale de classe Legend, construit par Ingalls Shipbuilding, filiale de Huntington Ingalls Industries. Ce choix garantit l’utilisation d’une coque américaine éprouvée, ayant déjà protégé les intérêts des États-Unis tant sur le territoire national qu’à l’étranger, et non d’un concept théorique non testé.

Cette annonce intervient quelques semaines après la réduction drastique du programme Constellation, une classe de frégates marquée par des retards, des dépassements budgétaires et des modifications répétées du design. Ingalls Shipbuilding, basé à Pascagoula dans le Mississippi, se trouve désormais au cœur de la restructuration des petits navires de combat de la Marine américaine.

Le contrat initial pour la classe Constellation, d’une valeur d’environ 22 milliards de dollars pour 20 frégates, a été réduit à seulement deux unités : l’USS Constellation et l’USS Congress. Ce coup de frein fait suite à un rapport militaire pointant un retard de 36 mois dans le programme, amplifié par des surcoûts importants, une pénurie de main-d’œuvre et de nombreuses adaptations techniques.

Dans un langage officiel, le FF(X) est présenté comme un navire de combat de taille plus modeste, conçu pour accroître la flexibilité opérationnelle mondiale aux côtés des grands bâtiments de guerre polyvalents. Le premier exemplaire devrait être mis à flot en 2028. John C. Phelan a affirmé que les installations d’Ingalls, couvrant 800 acres à Pascagoula, construiront cette frégate en s’appuyant sur le design du navire de la Garde côtière, ce qui permettra d’accélérer le calendrier de livraison. La Marine insiste sur le fait que cette nouvelle frégate vise à renforcer la capacité d’action globale, sans pour autant remplacer directement les destroyers haut de gamme.

Selon les informations, le contrat pour le navire amiral pourrait être attribué directement à Ingalls afin de garantir une livraison rapide, suivie d’un appel d’offres ouvert aux autres chantiers navals américains dès que le design en acier sera finalisé. Ingalls prévoit d’appliquer la même méthodologie de construction que pour les navires de sécurité nationale, réutilisant outils, flux de production et savoir-faire, évitant ainsi de créer une toute nouvelle chaîne de fabrication.

Cette stratégie, soulignée par les responsables des acquisitions de la Marine à Washington, mise sur des modifications minimales du design existant et une production sur commande. L’objectif est de permettre aux différents chantiers navals de reproduire efficacement le processus plutôt que de le réinventer. John C. Phelan a insisté sur un critère unique d’évaluation des chantiers : la capacité à livrer rapidement des navires opérationnels, suivant le modèle Arleigh Burke consistant à construire un navire initial puis à l’améliorer progressivement, au lieu de parfaire le design avant la pose de la quille.

D’un point de vue technique, le FF(X) reposera sur la coque du Cutter de Sécurité Nationale de classe Legend de la Garde côtière, un navire de 127 mètres de long pour un déplacement entre 4 000 et 4 500 tonnes, capable d’atteindre 28 nœuds. Il affiche une endurance remarquable, avec des cycles de patrouille compris entre 60 et 90 jours et un rayon d’action transocéanique. Huntington Ingalls Industries décrit ce design comme stable et fiable, affirmant que son réemploi pour le FF(X) devrait permettre de respecter les calendriers et de réduire les risques techniques, contrairement au design européen très modifié de la classe Constellation, sujet à de nombreuses évolutions.

Sur le plan stratégique, cette décision reflète une volonté d’assurer autant une capacité industrielle qu’opérationnelle. En limitant la dépendance aux fournisseurs étrangers, la Marine garantit que la logistique et le soutien sont solidement ancrés dans l’industrie nationale. La hiérarchie navale insiste sur un design et une construction 100 % américaines, alignant clairement cet effort avec le concept de la Flotte Dorée, en opposition à la base étrangère modifiée utilisée pour la classe Constellation.

Huntington Ingalls a souligné son engagement industriel avec plus d’un milliard de dollars investis dans le chantier d’Ingalls, une collaboration impliquant 23 partenaires sous-traitants, ainsi que l’évaluation des capacités des autres chantiers navals américains. Ce programme s’inscrit aussi dans le cadre plus large de la modernisation en cours des destroyers, des navires amphibies et des destroyers de classe Zumwalt.