Mark François, député conservateur, alerte sur les retards dans les acquisitions de défense britannique, qui pourraient compromettre la présence à long terme de Leonardo au Royaume-Uni. L’incertitude autour du programme du New Medium Helicopter accentue la frustration au sein de la base industrielle de défense.
Intervenant à la Chambre des communes, Mark François a critiqué le gouvernement pour ne pas avoir publié le très attendu Plan d’Investissement de la Défense, soulignant que ce manque de clarté avait déjà des conséquences concrètes pour l’industrie. Il a particulièrement pointé l’usine d’hélicoptères de Leonardo à Yeovil, qualifiant l’absence de décision sur le New Medium Helicopter d’exemple emblématique d’une paralysie plus large dans les processus d’approvisionnement.
Le député a indiqué aux ministres que la direction de Leonardo avait clairement fait savoir qu’elle ne pouvait pas maintenir indéfiniment ses opérations au Royaume-Uni sans engagements contractuels fermes. Il a cité Roberto Cingolani, le PDG de Leonardo, qui a récemment déclaré que l’entreprise « ne peut pas subventionner Yeovil indéfiniment », avertissant que les retards mettaient en péril des milliers d’emplois.
Ces déclarations font suite à des informations selon lesquelles Roberto Cingolani aurait écrit directement au secrétaire à la Défense, John Healey, pour avertir que de nouveaux retards dans les contrats majeurs de défense pourraient menacer la poursuite des activités de Leonardo au Royaume-Uni. La direction de l’entreprise aurait même envisagé d’abandonner de futurs investissements dans le pays si l’impasse se poursuivait.
Leonardo dispose d’une empreinte industrielle importante au Royaume-Uni, Yeovil étant le centre historique de la fabrication d’hélicoptères britannique. Ces dernières années, l’avenir du site est étroitement lié au programme du New Medium Helicopter, destiné à remplacer plusieurs types d’appareils en service au sein des forces armées. L’AW149 de Leonardo est désormais la seule offre encore en lice après le retrait des concurrents il y a plus d’un an, mais le ministère de la Défense n’a toujours pas passé de commande officielle.
Mark François a souligné que cette incertitude prolongée ne concernait pas que ce seul programme. Selon lui, les industriels de la défense, des grands maîtres d’œuvre aux sous-traitants plus modestes, rencontrent des difficultés à planifier leurs investissements, à retenir leurs effectifs et à développer leurs compétences en l’absence d’une feuille de route claire pour les achats militaires.
Il a également évoqué l’inquiétude croissante des organisations professionnelles, citant les propos rapportés au Financial Times par Kevin Craven, directeur général de l’ADS (l’association des industries de défense britannique), qui qualifiait le retard dans la publication du Plan d’Investissement de Défense de « frustrant, pour le moins ». Ces avertissements traduisent, selon François, une érosion plus large de la confiance dans la capacité du gouvernement à accélérer les investissements dans la défense.
Alors que les ministres insistent régulièrement sur l’importance de renforcer la base industrielle de défense britannique, Mark François s’est interrogé sur la faisabilité de cette ambition sans décisions rapides sur les grands programmes. Il a mis en garde contre le risque d’un affaiblissement des capacités industrielles souveraines à un moment où les pressions stratégiques sont plus vives que jamais.