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L’armée française porte un intérêt marqué au système indien Pinaka, un lance-roquettes multiple (LRM) indigène, notamment alors que l’Organisation indienne de recherche et développement pour la défense (DRDO) fait progresser ses variantes guidées de nouvelle génération. Les récents développements du programme Pinaka Mk-III, visant une portée accrue autour de 120 à 130 km avec guidage de précision, ont retenu l’attention des autorités militaires françaises, soucieuses de combler des lacunes en matière d’artillerie à longue portée.

Conçu par l’Armament Research and Development Establishment (ARDE) du DRDO, le système Pinaka a connu une évolution notable depuis ses débuts dans les années 1980. Les versions actuellement en service intègrent des roquettes guidées avec des portées allant jusqu’à 75-90 km, dotées de navigation inertielle, d’intégration GPS et d’une grande précision pour des frappes ciblées. La version Mk-III en cours de développement se concentre sur une portée renforcée, d’environ 120 km, pouvant atteindre jusque 130 km grâce à une propulsion améliorée et des kits de guidage perfectionnés.

L’intérêt français s’est accru à la suite de démonstrations du système destinées à des hauts responsables, notamment lors de visites en Inde en 2024 et 2025. Le général de brigade Stéphane Richou a confirmé que des évaluations étaient en cours, soulignant la correspondance du Pinaka avec les besoins français en matière d’artillerie mobile et à cadence rapide. Ce suivi intervient alors que la France doit remplacer ses anciens lance-roquettes unitaires (LRU), des versions modernisées du M270 MLRS, et reconstituer son stock de munitions après des envois substantiels à l’Ukraine.

Le Pinaka s’est distingué en opération durant la guerre de Kargil, où il a démontré sa robustesse et son efficacité. Son coût maîtrisé ainsi que sa capacité à tirer une salve de 12 roquettes en 44 secondes en font un système attractif. Les versions guidées offrent une précision avec une erreur circulaire probable (CEP) aussi faible que 10 mètres, répondant aux exigences des champs de bataille modernes où la précision prime sur la saturation.

Le chef d’état-major de l’armée française a exprimé son intérêt pour des systèmes indiens à plus longue portée, en phase avec les programmes domestiques comme Thundart et Foudre, qui visent des capacités similaires d’ici 2026. Bien que Paris privilégie des solutions nationales pour préserver son autonomie stratégique, le Pinaka fait l’objet d’une évaluation active en tant qu’option intermédiaire ou complémentaire.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte de coopération plus large entre l’Inde et la France en matière de défense, avec une proposition directe du système indiens et des projets exploratoires de co-développement. Le Mk-III, compatible avec les lanceurs existants, étend la profondeur d’artillerie de l’Inde tout en renforçant son potentiel d’exportation. Les essais réussis d’unités pré-production et l’intégration d’un système de navigation avancé développé par le Research Centre Imarat du DRDO confèrent à cette plateforme une grande polyvalence face à divers défis tactiques.

Pour la France, suivre ces avancées permet de disposer d’une vision sur des alternatives éprouvées, performantes et économiquement viables dans un contexte mondial de forte demande en munitions. Alors que le DRDO accélère les essais utilisateurs et la production, le Pinaka Mk-III pourrait peser sur la modernisation de l’artillerie européenne, illustrant le rôle croissant de l’Inde dans le domaine des technologies militaires.