Le champ de carrière 18X, dédié aux pilotes d’aéronefs télépilotés, franchit une étape historique avec l’obtention du grade de pilote commandant exclusivement pour cette spécialité. Cette reconnaissance souligne la maturation et l’importance croissante de ces pilotes au sein de l’US Air Force, en pleine mutation technologique et opérationnelle.
Créée officiellement en 2009, la filière 18X a vu ses premiers pilotes formés sur le MQ-1 Predator dès 2010, pour répondre aux besoins croissants en renseignement, surveillance, reconnaissance et frappes de précision via des drones. Jusqu’alors, le grade de pilote commandant, le plus élevé pour un aviataire, n’était accessible aux pilotes d’appareils télépilotés que s’ils avaient fait leurs preuves sur d’autres plateformes habitées. Désormais, cette barrière est levée, témoignant de l’évolution rapide et de la professionnalisation de ce corps de pilote.
Pour atteindre ce grade, il faut justifier d’au moins 15 ans de service en tant que pilote qualifié et totaliser 3000 heures de vol. Ces exigences, longtemps réservées aux pilotes d’avions traditionnels, s’appliquent désormais à ceux des RPAS (Remotely Piloted Aircraft Systems), un domaine né il y a un peu plus de 15 ans.
« Quand j’ai débuté dans ce champ en 2009, nous étions simplement un groupe d’essai », confie le lieutenant-colonel Eric Baldock, directeur des opérations du 15e Escadron d’attaque. « L’obtention du grade de pilote commandant pour nos pilotes marque la maturité acquise par cette spécialité et répond pleinement aux exigences opérationnelles de l’US Air Force. »
Historique du domaine 18X : face à la pénurie de pilotes pour les drones identifiée dès 2008 par le général Norton Schwartz, alors chef d’état-major de l’US Air Force, une stratégie initiale prévoyait de former chaque année une centaine de pilotes aux RPAS plutôt qu’aux avions habités, sans créer de spécialité officielle. Cette orientation a évolué en 2009 vers la création du champ de carrière 18X, institutionnalisé en 2010 avec la première promotion de pilotes spécialisés sur MQ-1 Predator.
L’essor de la mission RPAS s’est poursuivi avec la constitution de deux ailes entièrement dédiées : la 432e Wing/432e Air Expeditionary Wing et la 25e Attack Wing. Ces unités innovent constamment, intégrant les technologies les plus modernes, comme la capacité automatique de décollage et d’atterrissage par satellite. En parallèle, la restructuration des escadrons permet de s’adapter dynamiquement aux besoins tactiques, avec des unités comme le 489e ATKS rebaptisé 42e ATKS en 2026 et le retour du 11e Escadron d’attaque aux opérations de combat après une mission dédiée à la formation.
Le lieutenant-colonel Ahmed Nelson, commandant du 17e Escadron d’attaque, souligne l’esprit d’innovation permanent qui anime ce domaine : « Nous avons toujours intégré les nouvelles technologies dans nos méthodes d’opération et notre contribution au pouvoir aérien ne cesse de croître, notamment en planification de mission et en renseignement. »
Depuis plus de quinze ans, la communauté RPAS opère sans relâche, 24h/24 et 7j/7, dans diverses zones de responsabilité à travers le monde. Cette permanence opérationnelle s’accompagne d’une meilleure structuration de la formation des jeunes officiers et d’un soutien accru aux équipages, notamment grâce à des équipes dédiées à la performance humaine et à la santé mentale.
Le fait que le champ 18X puisse désormais obtenir le grade de pilote commandant exclusivement sur RPAS illustre l’engagement de ces aviateurs dans la préparation des futurs combats, au sein d’une Air Force qui continue d’intégrer et d’adapter les innovations technologiques devant les défis émergents.
« Nous avons déjà parcouru un long chemin et il y a encore beaucoup à accomplir », conclut le lieutenant-colonel Nelson. « J’ai l’honneur d’être le premier commandant d’escadron 18X au sein du 17e ATKS et cette étape est une fierté pour notre spécialité. »