Les mesures antiterroristes s’appuient de plus en plus sur des outils basés sur les données et des technologies avancées pour identifier et combattre les nouvelles menaces sécuritaires. La collecte de données, le partage d’informations et des mécanismes solides de coopération internationale jouent un rôle essentiel dans toute stratégie antiterroriste, tout en devant garantir le respect des droits humains et des libertés fondamentales, notamment le droit à la vie privée et à la protection contre toute ingérence arbitraire.
Les États étendent l’usage d’outils technologiques renforcés par des algorithmes, le machine learning et l’intelligence artificielle, particulièrement dans des domaines comme la gestion des frontières, la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et son financement. Il est crucial que ces initiatives respectent strictement l’état de droit. Par ailleurs, face au besoin croissant d’échanges transfrontaliers de données, il est indispensable de renforcer les mécanismes de coopération internationale dans le cadre du droit international.
Pour aider les États membres à relever ces défis tout en respectant les droits humains, le Bureau des Nations Unies pour la Lutte Antiterroriste (UNOCT), la Direction exécutive du Comité de lutte contre le terrorisme (CTED) et le Programme des Nations Unies pour la lutte contre la drogue et le crime (UNODC) ont lancé conjointement un projet intitulé « Protection des données pour faciliter la coopération internationale en matière antiterroriste ».
Dans le cadre de ce projet, une réunion d’experts sur deux jours a eu lieu à Vienne pour élaborer un Compendium des bonnes pratiques existantes et des dispositions juridiques recommandées en matière de règles de protection des données facilitant la coopération internationale contre le terrorisme. Cette réunion technique a réuni des spécialistes pour débattre et enrichir les propositions d’outils. Parmi les participants figuraient le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la vie privée, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Institut interrégional des Nations Unies pour la recherche sur la criminalité et la justice (UNICRI), INTERPOL, l’Union africaine, EUROPOL, le Réseau des délégués à la protection des données de l’Union européenne, l’Assemblée mondiale de la vie privée, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ainsi que des représentants du monde universitaire et du secteur privé.
Dans son discours d’ouverture au nom des coorganisateurs, M. Roberto Arbitrio, chef de la branche prévention du terrorisme à l’UNODC, a souligné la menace grandissante que représentent pour la sécurité l’utilisation par des acteurs terroristes de technologies nouvelles et émergentes, telles que les drones et le matériel militaire acquis illégalement, la manipulation de plateformes de jeux vidéo pour radicaliser les jeunes vers la violence, ainsi que l’usage détourné d’actifs virtuels pour blanchir des fonds issus d’activités illicites et financer les réseaux terroristes. Il a également insisté sur l’importance d’intégrer les droits humains et d’inscrire la protection des données et la vie privée au cœur des efforts antiterroristes.
Les participants ont mis en avant la nécessité d’une meilleure harmonisation et de cadres adaptables, afin que les orientations issues de ce projet commun restent pertinentes et efficaces face à l’évolution rapide des systèmes autonomes, de l’intelligence artificielle et autres technologies émergentes.
Enfin, l’UNOCT, le CTED et l’UNODC ont réaffirmé leur engagement à poursuivre leur collaboration avec un large éventail d’acteurs afin de promouvoir des pratiques strictes de protection des données et des approches fondées sur les droits humains dans la lutte contre le terrorisme.