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La Marine pakistanaise a procédé à la mise à l’eau de son quatrième sous-marin de classe Hangor, le PNS Ghazi, sur le site de la base Shuangliu, relevant du Groupe industriel de construction navale de Wuchang à Wuhan. Cet événement marque une étape majeure dans la volonté d’Islamabad de renforcer ses capacités de guerre sous-marine et de recalibrer sa posture de dissuasion maritime face à la montée des rivalités navales dans l’océan Indien.

Cette cérémonie clôt la phase de construction en Chine des quatre premiers sous-marins de la classe Hangor, issus de l’accord historique d’acquisition signé entre le Pakistan et la Chine en 2015. Les essais en mer, qui doivent désormais commencer, permettront de vérifier les systèmes de propulsion, le silence acoustique, l’intégration des systèmes de combat ainsi que la robustesse des bâtiments avant leur livraison définitive à la Marine pakistanaise.

Le PNS Ghazi suit ainsi la mise à l’eau successive des trois premiers sous-marins de la classe : le premier en avril 2024, le deuxième en mars 2025, et le troisième en août 2025. Ce rythme de production témoigne d’une maturation du programme après des retards initiaux liés aux perturbations causées par la pandémie et les difficultés d’intégration technologique.

Le programme Hangor est le fruit d’un accord signé en avril 2015 entre le Pakistan et la Chine portant sur l’acquisition de huit sous-marins d’attaque diesel-électriques, pour un montant estimé à environ 5 milliards de dollars, ce qui en fait l’achat naval le plus important jamais réalisé par Islamabad.

La classe Hangor est une version d’export dérivée du sous-marin chinois de classe Yuan Type 039B, conçue pour des opérations à la fois littorales et en haute mer, dans des zones contestées où le secret, l’endurance et la capacité à mener des attaques multidomaines sont essentiels. L’accord prévoit que les quatre premiers sous-marins soient construits en Chine, tandis que les quatre restants seront assemblés au chantier naval et centre d’ingénierie de Karachi (KS&EW), dans le cadre d’un transfert technologique structuré visant à développer l’industrie locale.

Les données issues de sources ouvertes indiquent que la classe Hangor présente un déplacement en immersion d’environ 2 800 tonnes et mesure près de 76 mètres de long. Elle intègre une propulsion indépendante de l’air (AIP), probablement basée sur la technologie du moteur Stirling, offrant ainsi la capacité d’opérations prolongées en plongée, améliorant la survie et la visibilité persistante dans des zones stratégiques comme la mer d’Arabie.

L’armement comprend six tubes lance-torpilles de 533 mm, capables de tirer des torpilles lourdes, des missiles de croisière antinavires ainsi que des mines marines. Ces sous-marins sont notamment équipés du missile de croisière Babur-3, conçu au Pakistan, qui étend leur capacité d’attaque terrestre et anti-superficie à une portée de 450 kilomètres.

Les ensembles sonar avancés, comprenant des capteurs en proue, des réseaux latéraux et des sonars remorqués, ainsi que des systèmes de guerre électronique et des dispositifs de réduction acoustique de la coque, permettent à la classe Hangor d’opérer efficacement dans des environnements littoraux à forte surveillance et acoustiquement complexes.

Du point de vue chinois, ce programme renforce l’alliance stratégique avec le Pakistan, venant compléter les coopérations déjà existantes autour des avions de chasse JF-17 ou des systèmes de missiles, améliorant ainsi l’interopérabilité et l’alignement doctrinal entre les deux armées navales. Sur le plan économique, l’investissement de 5 milliards de dollars représente un engagement majeur de la part du Pakistan, justifié par l’avantage stratégique asymétrique conféré par une force sous-marine survivable.

À l’horizon 2030, la Marine pakistanaise prévoit de disposer d’une flotte de 11 à 12 sous-marins modernes, avec la classe Hangor comme colonne vertébrale. Des améliorations futures, telles que le recours à des batteries plus performantes ou l’intégration de systèmes sous-marins sans équipage, pourraient encore renforcer la pertinence opérationnelle de cette plateforme.