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Les programmes indiens de missiles de croisière longue portée à propulsion indigène, destinés à l’attaque terrestre et maritime, avancent rapidement. Leur intégration dans l’armée de terre et la marine indienne est envisagée d’ici trois ans, renforçant les capacités de frappe précises et à longue distance du pays.

Le développement des missiles de croisière longue portée d’attaque terrestre (LRLACM) et anti-navire (LRAShM), équipés du turboréacteur Manik, moteur entièrement développé en Inde, progresse de manière régulière. Ces deux systèmes subsoniques partagent une architecture commune de propulsion et de noyau, ce qui permet de déployer plusieurs variantes adaptées à divers besoins opérationnels.

La version terrestre destinée à l’armée indienne a déjà réussi des essais en vol clés, attestant de la maturité de sa conception et de son moteur. Parallèlement, une variante lancée depuis sous-marin (SLCM) a également été testée, soulignant l’ambition de disposer d’un missile polyvalent pouvant être utilisé par les trois armées.

Les efforts actuels se concentrent désormais sur la version anti-navire lancée depuis des bâtiments de surface, qui conservera également des capacités d’attaque terrestre. Des préparatifs sont en cours pour des tirs réels depuis une unité de la marine indienne, avec une collaboration étroite entre la marine et le DRDO pour l’intégration des systèmes de mission et des interfaces de lancement embarquées. Ces essais sont prévus d’ici la fin 2026 ou début 2027 et constitueront une étape déterminante vers la mise en service de cette variante navale.

Selon les sources, la version terrestre, plus avancée dans son processus de validation, devrait être la première à entrer en service. La variante navale, bien que proche, nécessite encore des validations spécifiques liées aux conditions de lancement en mer, notamment l’intégration des systèmes de commandement et de contrôle ainsi que la maîtrise des profils de vol rasant la mer en attaque anti-navire.

Le moteur Manik se révèle être un élément clé pour l’écosystème futur des missiles indiens, offrant une propulsion domestique qui réduit la dépendance aux fournisseurs étrangers tout en assurant des portées étendues et des vols soutenus à basse altitude. Son adaptation à différents vecteurs, terrestre, de surface et sous-marin, illustre la volonté du DRDO de privilégier modularité et évolutivité.

Une fois en service, ces missiles renforceront significativement la capacité de frappe de précision à longue distance de l’Inde, offrant à l’armée de terre des options accrues d’attaque en profondeur, et à la marine une solution polyvalente et indigène parfaitement adaptée à la guerre anti-navire ainsi qu’aux frappes terrestres, contribuant ainsi à une dissuasion renforcée sur plusieurs théâtres d’opérations.