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La Norvège annonce un nouveau soutien militaire à l’Ukraine, comprenant des munitions pour les chasseurs F-16 ukrainiens et une importante dotation en missiles sol-air pour les systèmes de défense aérienne soviétiques S-300, dans le cadre du Programme de soutien Nansen.

Ce nouveau paquet d’aide, présenté le 17 décembre par le Premier ministre Jonas Gahr Støre, est évalué à environ 3,2 milliards de couronnes norvégiennes (soit 290 millions de dollars). Bien que la Norvège joue un rôle clé dans la transition de l’armée de l’air ukrainienne vers les standards occidentaux, l’intégration de missiles S-300 dans cette aide constitue une initiative inhabituelle de la part d’un pays de l’OTAN qui n’a jamais exploité ce système traditionnellement.

Un apport inédit de missiles S-300

Selon l’exécutif norvégien, plus de 500 millions de couronnes (environ 45 millions de dollars) seront consacrés à des missiles longue portée destinés aux systèmes S-300 encore en service en Ukraine.

Avant l’invasion massive lancée par la Russie en février 2022, l’Ukraine disposait de l’une des plus vastes flottes de défense sol-air S-300 hors Russie, avec plusieurs dizaines de batteries et plus d’une centaine de lanceurs composant l’ossature de son réseau de défense aérienne longue portée.

Malgré l’usure et la pénurie sévère de missiles, le système S-300, d’origine soviétique, reste en service actif. Selon la version des missiles, il peut engager aéronefs et missiles de croisière à des distances comprises entre 75 et plus de 150 kilomètres, et à des altitudes pouvant atteindre 27 kilomètres. Il utilise des radars à antenne à commande de phase, capables de suivre et d’intercepter plusieurs cibles simultanément, ce qui le rend particulièrement adapté à la protection de grandes villes et infrastructures critiques.

La Norvège n’a pas précisé la provenance des missiles S-300. Cependant, les pays occidentaux ont souvent recouru à des acquisitions indirectes, des transferts de tierces parties ou des mécanismes financiers pour se procurer des munitions conformes aux standards soviétiques auprès d’États qui les utilisent encore ou les stockent.

Financement de munitions pour les F-16 via le canal américain

Par ailleurs, la Norvège consacrera plus d’un milliard de couronnes (environ 90 millions de dollars) à l’achat de munitions destinées aux chasseurs F-16 ukrainiens, notamment des missiles guidés par laser. Ce financement transite par le mécanisme JUMPSTART, piloté par les États-Unis, qui facilite l’acquisition par les pays partenaires d’armements et équipements via le cadre des Ventes Militaires à l’Étranger (FMS) américaines.

La Norvège est un acteur important du programme F-16 ukrainien, apportant son soutien à l’entraînement, à la maintenance et à la logistique en collaboration avec d’autres donateurs européens. Si la livraison de chasseurs occidentaux a renforcé les capacités de la force aérienne ukrainienne, l’enjeu principal reste désormais la disponibilité régulière de munitions, davantage que le nombre d’appareils en service.

La défense aérienne reste une priorité stratégique

Le Premier ministre Jonas Gahr Støre a souligné que la défense aérienne constitue l’une des exigences militaires les plus critiques pour l’Ukraine, alors que la Russie poursuit ses frappes de longue portée contre les infrastructures énergétiques et des cibles civiles.

« La liberté et l’indépendance de l’Ukraine dépendent du soutien militaire continu de ses partenaires », a-t-il déclaré, présentant ce nouveau paquet comme un engagement à long terme de la Norvège, et non comme une aide ponctuelle.

Auparavant, la Norvège avait déjà fourni à l’Ukraine des systèmes de défense aérienne NASAMS ainsi que des missiles intercepteurs. Le choix de financer aussi des missiles S-300 témoigne de la pertinence persistante des systèmes hérités de l’ère soviétique, qui continuent de compléter les équipements occidentaux plus modernes.

Clément Charpentreau