Article de 834 mots ⏱️ 4 min de lecture

Une nouvelle évaluation du Comité du renseignement et de la sécurité du Parlement britannique souligne que les activités hostiles de la Russie, de l’Iran et de la Chine se sont intensifiées, constituant désormais une menace complexe et persistante pour le Royaume-Uni. Ces États déploient un large éventail de moyens, allant de l’espionnage aux opérations cybernétiques, en passant par le sabotage et les ingérences politiques.

Dans son rapport annuel couvrant la période d’avril 2023 à mars 2025, le Comité affirme que « la menace pesant sur le Royaume-Uni par des acteurs liés à l’État russe, iranien et chinois est multifacette et complexe ». Les actions vont de l’espionnage et des cyberopérations jusqu’au sabotage, à la coercition et à l’ingérence politique.

Le rapport met en garde contre « la menace d’assassinats d’État, d’attaques et d’enlèvements visant des dissidents perçus », maintenue à un niveau plus élevé que celui observé ces dernières années. Il cite notamment la condamnation en décembre 2023 d’un ressortissant autrichien, originaire de Tchétchénie, sous le Terrorism Act pour avoir recueilli des informations sur Iran International, un média « constamment visé par le régime iranien ».

Les actions de la Russie en Europe sont particulièrement mises en lumière. Le rapport indique que « dans le cadre de ses efforts pour déstabiliser le soutien occidental à l’Ukraine, la Russie a mené des campagnes de sabotage à travers l’Europe ». Face à ce qu’il qualifie de « schéma croissant d’activités malveillantes », le Royaume-Uni a expulsé en mai 2024 l’attaché de défense russe et retiré les protections diplomatiques de plusieurs propriétés russes.

Le Comité observe que les États hostiles recourent de plus en plus à des intermédiaires, précisant que « des acteurs relais mènent de plus en plus d’activités au nom des États ». Il mentionne la poursuite en mars 2025 de trois ressortissants bulgares basés au Royaume-Uni, décrits comme membres d’un « réseau d’espionnage russe », ainsi que les sanctions britanniques imposées en avril 2025 au sein du Foxtrot Network, un groupe criminel « responsable d’actes de violence contre des cibles juives et israéliennes en Europe au nom du régime iranien ».

L’espionnage ciblant le gouvernement britannique et le secteur de la défense demeure une préoccupation constante. Le rapport indique que « les tentatives des services de renseignement étrangers pour obtenir des secrets gouvernementaux et de défense continuent ». Il met en avant l’attribution en mars 2024 d’« une campagne cyber multianuelle » à un groupe d’intrusion chinois, impliquant notamment la tentative de ciblage de parlementaires et le piratage de la Commission électorale. Il rappelle aussi la condamnation en février 2025 de l’ancien soldat Daniel Khalife pour espionnage au profit de l’Iran.

Au-delà de l’espionnage, le Comité alerte sur les ingérences politiques occultes. Il définit la menace comme « les efforts d’États étrangers pour exercer une influence clandestine et maligne sur la politique, la démocratie et l’opinion publique au Royaume-Uni », y compris par la manipulation des « réseaux sociaux, du journalisme et des acteurs politiques ». Parmi les exemples cités figurent les opérations russes de type « hack and leak » associées au FSB et la désignation de RT comme un vecteur de désinformation ciblant les processus démocratiques.

Le rapport rappelle également la persistance de la menace terroriste. Le niveau national d’alerte demeure « SUBSTANTIEL : une attaque est probable », et les services de renseignement intérieur MI5 avec la police ont déjoué 43 projets d’attaque entre mars 2017 et mars 2025. Selon le Comité, les attentats sont principalement susceptibles d’être commis par « des terroristes auto-radicalisés en ligne », motivés par des idéologies islamistes, d’extrême droite ou centrées sur des causes uniques.

Concernant les cybermenaces, le rapport conclut que le Royaume-Uni fait face à « des menaces réelles et durables émanant d’États et de cybercriminels », soulignant que les ransomwares constituent « la menace la plus immédiate et perturbatrice » pour les infrastructures nationales critiques. La Russie est décrite comme « un acteur cybermotivé, compétent et irresponsable », la Chine comme « hautement sophistiquée et capable », tandis que l’Iran est qualifié d’« agressif dans le cyberespace ».

Pour l’avenir, le rapport souligne que l’intelligence artificielle compliquera davantage le paysage des menaces. Il indique que « de nombreux acteurs étatiques et cybercriminels utilisent déjà l’IA pour accroître la quantité et l’impact des cyberattaques », ce qui devrait, au cours des cinq prochaines années, entraîner « une augmentation du nombre et de la diversité des victimes à gérer ».

En conclusion, le Comité estime que les récentes législations, notamment le National Security Act, visent à rendre le Royaume-Uni « un environnement plus difficile à opérer pour les États hostiles ». Toutefois, l’évaluation souligne que l’ampleur et l’intensité des menaces auxquelles le pays est confronté ne cessent de croître.