Le Royaume-Uni a dévoilé les détails de son Warfighting Ready Plan 2029, un plan ambitieux visant à renforcer la Marine royale en améliorant sa préparation opérationnelle. Ce programme, déjà diffusé en interne à l’échelle gouvernementale, oriente désormais les engagements du ministère de la Défense ainsi que les collaborations avec ses alliés internationaux, l’industrie et le monde académique.
Le ministre de la Défense, Luke Pollard, a précisé que ce plan ne suit pas le modèle habituel d’une montée en puissance linéaire aboutissant à une capacité opérationnelle pleine et entière par une date précise. « Plutôt que de définir la disponibilité opérationnelle totale comme un jalon unique, le plan est itératif », a-t-il expliqué. « Il est conçu pour apporter une transformation significative d’ici quatre ans, tout en s’adaptant aux menaces émergentes, aux capacités nouvelles et aux ressources attribuées. »
Ce dispositif fixe les pistes pour améliorer la disponibilité de la Royal Navy en s’appuyant sur les moyens actuels, tout en mettant l’accent sur les capacités nécessaires pour les conflits futurs. Il illustre une évolution plus large dans la planification de défense, qui met désormais l’accent sur la rapidité, la flexibilité et une transformation continue, au-delà des cycles d’acquisition traditionnels et linéaires.
Cette approche s’inscrit dans la continuité des messages déjà prononcés publiquement par la haute direction navale. Le First Sea Lord (commandant en chef de la Marine britannique) a qualifié le Warfighting Ready Plan 2029 de « cadre vivant plutôt que d’aspiration future ». « Ce n’est pas de la technologie du futur. Ce sont des moyens disponibles dès aujourd’hui, et nous avons un plan pour les déployer », a-t-il déclaré lors du lancement du plan. « Il entre en application au sein de la Royal Navy dès maintenant. »
Selon le First Sea Lord, ce plan a été façonné par de nombreux wargames destinés à identifier forces, faiblesses et complémentarités avec les alliés. « Nous avons construit ce plan sur la base d’exercices intensifs pour comprendre nos points forts et faibles, pour savoir où nous pouvons compléter nos alliés et où ils peuvent nous compléter », a-t-il indiqué, ajoutant que la Marine doit être prête à « abandonner l’ancien pour passer au neuf ».
La Royal Navy s’éloigne des concepts antérieurs de remplacement de ses Landing Platform Docks (navires de débarquement), privilégiant désormais des plateformes plus petites, plus distribuées et dotées d’une autonomie renforcée, en phase avec la transformation des forces de commandos. « Plus distribuée, plus petite avec plus d’autonomie, notre force de débarquement s’alignera sur la capacité commando que nous construisons », a précisé le First Sea Lord.
Le Warfighting Ready Plan 2029 soutient une série d’évolutions à court terme, avec dès l’année prochaine l’arrivée de nouveaux capteurs dans l’Atlantique et l’attribution de contrats Bastion, délivrés comme un service. La force commando achève sa transition vers des équipes dispersées et équipées de technologies avancées adaptées aux opérations en haute latitude, tandis que les réformes plus larges de la Marine sont accélérées dans le cadre de ce plan.
Les responsables militaires insistent sur la nécessité de considérer le « warfighting » comme « une discipline d’action », en mettant l’accent sur la suppression des lourdeurs administratives freinant la prise de décision. La Marine cite la suppression de processus administratifs qui a permis d’économiser environ 200 000 heures de travail en quelques mois, un temps désormais réinvesti directement dans la préparation opérationnelle.
L’industrie est associée comme co-investisseur, la direction navale affirmant qu’à chaque livre sterling investie par la Défense, l’industrie apporte quatre autres. Les alliés restent aussi essentiels, notamment pour la protection des câbles sous-marins, des routes énergétiques et des chaînes d’approvisionnement mondiales que le Royaume-Uni ne peut sécuriser seul. Plutôt qu’un point final, ce plan est conçu comme un cadre évolutif qui s’adapte aux menaces, aux ressources et aux progrès technologiques. Comme le soulignent les chefs de la Marine, l’alternative à cette montée en puissance rapide est inenvisageable. « Nous avançons car nous n’avons pas le choix », a averti le First Sea Lord. « L’alternative n’en vaut pas la peine. »