Lors des célébrations de Vijay Diwas à Bhopal, le Corps Kharga (21e division d’infanterie) de l’armée indienne a présenté un système de drones en essaim développé localement, symbolisant une avancée significative en matière d’autonomie technologique. Cette démonstration s’inscrit dans le cadre des commémorations nationales du 54e anniversaire de la victoire indienne lors de la guerre indo-pakistanaise de 1971.
La présentation mettait en scène plus de 50 drones à voilure fixe, compacts et identiques, disposés en formation rigoureuse sur des supports surélevés, rappelant les rangs disciplinés des soldats. L’ensemble, décoré de guirlandes et de banderoles « Vijay Diwas », illustrait la transformation du Corps vers une guerre moderne pilotée par des essaims de drones interconnectés via l’intelligence artificielle, un panneau « Swarm Drones » soulignant la capacité principale de déploiement massif du système.
Une analyse détaillée des clichés révèle que ces drones adoptent une configuration delta élégante optimisée pour la furtivité et l’efficacité. Chaque appareil dispose d’une envergure d’environ 1 à 1,5 mètre, avec un fuselage à aile volante sans dérive verticale pour minimiser la signature radar et améliorer l’aérodynamisme. La cellule, peinte en camouflage gris mat, est équipée d’un propulseur en position arrière, probablement un moteur électrique à flux propulsif ou brushless, garantissant un fonctionnement silencieux et un équilibre optimal de la charge utile.
On distingue également des prises d’air discrètes sous la voilure pour le refroidissement des composants électroniques, tandis que le nez semble abriter un module sensoriel modulaire destiné à accueillir des caméras électro-optiques/infrarouges (EO/IR) ou des antennes GPS.
Parmi les caractéristiques clés adaptées aux tactiques d’essaim, on relève :
- Intelligence autonome en essaim : Basée sur des algorithmes open-source développés en collaboration avec le DRDO, la flotte peut opérer en groupes de 20 à 100 drones, utilisant un réseau maillé pour partager des données en temps réel. Cela permet des comportements émergents comme la répartition des cibles, l’évitement des collisions et le vol en formation adaptative, sans supervision humaine constante.
- Polyvalence multi-rôle : D’un poids estimé inférieur à 5 kg, chaque drone peut assurer des missions de reconnaissance, guerre électronique ou munition à effet retardé. Une soute sous le fuselage peut embarquer des micro-explosifs pour des frappes kamikazes, tandis que les winglets pourraient accueillir des modules de brouillage destinés à perturber les communications ennemies.
- Autonomie et portée : Grâce à la forme delta à faible traînée et à une propulsion efficace, ces drones offrent une endurance de 30 à 45 minutes et une portée opérationnelle comprise entre 20 et 30 km, adaptées au soutien tactique des opérations le long des frontières occidentales.
- Indigénisation économique : Conçus dans les laboratoires d’innovation du Corps à Bhopal, utilisant des composites locaux et des composants imprimés en 3D, chaque drone coûte moins de 50 000 roupies, rendant la production de masse viable pour des déploiements d’essaims jetables.
Chargé de la défense de secteurs sensibles au Rajasthan et au Gujarat, le Corps Kharga a lancé ce projet dans le cadre de l’initiative de « l’Année des Réformes » de l’armée, s’appuyant sur les enseignements tirés des récents affrontements frontaliers où les drones en essaim ont joué un rôle déterminant. « Ces équipements indigènes incarnent l’esprit de 1971 : innovants, résilients et supérieurs en nombre », a déclaré le lieutenant-général Anand Kumar, commandant du Corps Kharga, lors de la présentation.