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Lors du conflit indo-pakistanais de mai 2025, baptisé « Opération Sindoor » par l’Indian Air Force (IAF), des évaluations post-opération ont révélé une perte significative dans la flotte pakistanaise de F-16. Le chef de l’IAF, le maréchal de l’air A.P. Singh, a confirmé une diminution du parc opérationnel d’environ 71-72 avions avant le conflit à 65-66 aujourd’hui, marquant ainsi le plus lourd revers subi par la Pakistan Air Force (PAF) sur ce front.

Cette opération, lancée le 7 mai en représailles à l’attaque terroriste de Pahalgam qui fit 26 victimes, s’est déroulée sur quatre jours intenses mêlant frappes de missiles, incursions de drones et combats pour la supériorité aérienne. Si l’IAF a atteint ses objectifs de neutralisation d’infrastructures terroristes et d’affaiblissement des capacités aériennes pakistanaises, le rôle des F-16 s’est avéré fortement réduit. Contrairement à la crise de Balakot en 2019, où la PAF revendiquait l’usage de F-16 et le tir de missiles AIM-120C AMRAAM, aucune revendication similaire n’a été faite durant l’Opération Sindoor. Aucun AMRAAM n’a été tiré et les F-16 ont été cantonnés à un rôle de soutien derrière les chasseurs chinois J-10CE, souffrant lourdement face aux systèmes de défense aérienne indiens S-400.

Le bilan détaillé de l’IAF, basé sur des images satellites, du renseignement électronique et des évaluations de dégâts, met en lumière l’efficacité des capacités d’interception à longue portée du S-400, qui a détruit au moins un F-16. Lors d’un point de presse en octobre 2025, le maréchal de l’air Singh a confirmé des frappes sur plusieurs infrastructures pakistanaises, incluant « quatre à cinq chasseurs de haute technologie de classes F-16 et JF-17 », ce qui correspond aux estimations de 5 à 7 pertes de F-16.

Le coup le plus dévastateur a été porté contre la base aérienne de Shahbaz à Jacobabad, dans la province du Sindh, où un hangar destiné à la maintenance d’anciens F-16 d’origine jordanienne a été anéanti. Avant le conflit, les variantes F-16A/B Mid-Life Upgrade (MLU), composées d’environ 44 appareils monoplace et biplace, formaient le cœur des capacités multirôles pakistanaises. Les évaluations post-Sindoor situent désormais ce nombre dans la trentaine, la frappe de Jacobabad expliquant à elle seule la destruction de 2 à 4 avions.

Le Pakistan a nié toute perte, affirmant que le hangar était vide et que les frappes n’avaient causé que peu de perturbations. Or, les images satellites et observations sur place révèlent une réalité différente : il a fallu six mois à la PAF pour démanteler et aplanir complètement le site, délai incompatible avec une structure inoccupée. Des sources de l’IAF, confirmées par des analyses indépendantes, indiquent que la PAF a mené des opérations nocturnes secrètes pour démonter et retirer les débris, récupérant des composants réutilisables tels que l’avionique et les moteurs. « Certains avions étaient irrécupérables mais ont fourni des sections intactes pour cannibalisation ; d’autres, avec peu d’heures de vol restantes, étaient économiquement non rentables », précise une évaluation de l’IAF.

Ce nettoyage étalé jusqu’en novembre 2025 a alimenté les spéculations et a été mis en lumière par le récent contrat américain de 686 millions de dollars pour le soutien aux F-16, interprété par les analystes indiens comme un aveu tacite des dommages subis.

L’usage restreint des F-16 pendant Sindoor contraste avec leur rôle historique dans la dynamique aérienne sud-asiatique. Contraint par des accords d’utilisateur final américains limitant leur emploi offensif contre l’Inde, le PAF a privilégié le J-10CE chinois pour les frappes principales. Les radars indiens et le renseignement électronique ont détecté des F-16 opérant en formation arrière, vulnérables aux interceptions des S-400 et aux frappes de missiles BrahMos qui ont neutralisé plusieurs assets d’appui.

Aucune trace de tirs d’AMRAAM n’a été relevée, contrairement à l’épisode de 2019 qui avait attiré le regard scrutin américain. Cette retenue, associée aux pertes au sol, a mis à rude épreuve l’inventaire de F-16, avec une estimation de jusqu’à une douzaine d’avions perdus toutes variantes confondues. Bien que le Pakistan maintienne une discretion stricte sur ces pertes, la transparence relative de l’IAF, reconnaissant ses propres dommages tout en évaluant ceux de l’adversaire, confère du crédit à ce bilan.

La dégradation de la flotte de F-16, autrefois pilier de la dissuasion pakistanaise, traduit un changement de paradigme. Entre retards dans les modernisations et restrictions budgétaires, la PAF devra engager une reconstruction pluriannuelle. Pour l’Inde, l’Opération Sindoor confirme la pertinence des investissements dans les systèmes S-400 et les armements locaux, consolidant son avantage qualitatif pour d’éventuelles crises futures.

Comme l’a souligné le maréchal de l’air Singh, « Nos systèmes nous disent la vérité », rejetant les contre-arguments pakistanais comme « des histoires fantaisistes ». Cette opération a non seulement alourdi le coût du terrorisme transfrontalier, mais a aussi démontré la vulnérabilité des plateformes aériennes vieillissantes face aux menaces modernes.

L’impact combiné des frappes sur Jacobabad et des destructions aériennes illustre comment des attaques de précision peuvent provoquer des effets en cascade sur une flotte entière, invitant les puissances régionales à diversifier leurs capacités militaires.