Le programme Tejas Mk-II marque un tournant stratégique dans l’engagement de l’Armée de l’air indienne (IAF) avec le développement d’un chasseur indigène, évoluant d’un simple rôle d’acheteur à celui de co-développeur actif. L’objectif est d’induire cet appareil en service opérationnel dans un délai comprimé de quatre ans après son premier vol prévu. Cette accélération du calendrier, visant une mise en service en escadron à la fin des années 2020 ou au début des années 2030, s’inscrit dans une tendance mondiale où les avions modernes sont d’abord introduits avec des capacités centrales, puis améliorés progressivement en phases successives pour rester efficaces face à des menaces en constante évolution.
Selon des sources proches du programme, l’Aeronautical Development Agency (ADA) et Hindustan Aeronautics Limited (HAL) assureront la certification de certaines armes majeures avant la production, en se concentrant principalement sur les capacités air-air (A2A) et air-sol (A2S). Toutefois, l’IAF assumera une responsabilité accrue dans les intégrations ultérieures. Cette approche s’éloigne des pratiques antérieures où des tests exhaustifs de dizaines d’armements pouvaient prolonger les essais sur plusieurs années, retardant significativement l’entrée en service.
La nouvelle méthode tire parti d’armes déjà validées et éprouvées en combat sur d’autres plateformes de l’IAF. Celles-ci subiront des validations ciblées sur le Tejas Mk-II, ce qui rationalise le processus tout en reconnaissant que même des munitions établies nécessitent des essais spécifiques à la plateforme. Des critères tels que les profils de traînée, les mécanismes de largage et l’intégration avec l’avionique avancée – notamment le radar AESA Uttam et la suite unifiée de guerre électronique – demandent une évaluation minutieuse pour garantir une performance harmonieuse.
Cette philosophie « induct first, upgrade later » (induire d’abord, améliorer ensuite) permet à l’IAF de déployer plus rapidement le Tejas Mk-II comme un atout multirôle puissant, équipé initialement d’un arsenal de base robuste, tout en augmentant progressivement sa létalité grâce à des mises à jour échelonnées. En jouant un rôle proche de celui d’un développeur pour les modules logiciels et les intégrations avancées, l’Armée de l’air renforce son expertise interne, réduit sa dépendance aux agences externes et s’assure que la plateforme évolue en phase avec les besoins opérationnels.
À mesure que le Tejas Mk-II avance vers la sortie du prototype et les essais en vol, ce modèle collaboratif accélère non seulement sa mise en service mais consolide également l’autonomie stratégique de l’Inde en aérospatial, positionnant l’IAF pour relever efficacement les défis régionaux émergents avec des chasseurs indigènes agiles et évolutifs.