Le président de la Defence Research and Development Organisation (DRDO), Samir V. Kamat, a souligné le niveau très faible des crédits alloués à la recherche en défense en Inde, indiquant que seulement 5,75 % du budget de la défense est consacré à la R&D, un chiffre nettement inférieur à celui des États-Unis, qui dépasse les 10 %.
Dans le cadre de la 40e conférence commémorative du Maréchal de l’air PC Lal, organisée lundi par l’Air Force Association, Samir V. Kamat a insisté sur le fait que les transformations technologiques rapides dans les domaines terrestre, aérien, maritime, spatial, cybernétique et de l’information ont profondément modifié la nature des conflits modernes, rendant indispensable un investissement soutenu et massif dans l’innovation.
« Nous souhaitons être un leader technologique, mais si l’on examine nos dépenses en R&D, elles sont très faibles. Nous consacrons environ 0,65 % du PIB à la recherche et développement dans son ensemble, tandis que nos concurrents dépassent les 2 %. Dans le secteur de la défense, notre part dédiée à la R&D n’est que de 5,75 % du budget », a déclaré Kamat.
Il a rendu hommage à l’ancien Maréchal de l’air PC Lal, saluant sa direction visionnaire lors de la guerre indo-pakistanaise de 1971, qui a contribué à façonner une Force aérienne indienne puissante et respectée.
Le chef de la DRDO a relié les ambitions majeures de l’Inde — notamment l’atteinte de l’« Aatmanirbhar Bharat » (Inde autonome), la promotion de l’initiative « Make in India » et l’objectif de devenir une nation développée d’ici 2047 — à la nécessité impérieuse de bâtir un écosystème national solide de technologies de défense. « Le monde connaît une transformation majeure… Si nos aspirations sont élevées, les défis le sont tout autant », a-t-il souligné.
Kamat a appelé à une implication plus large de l’industrie dans la conception et le développement, tout en encourageant une participation accrue des start-ups, des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et du milieu universitaire dans la recherche fondamentale. Il a également insisté sur le renforcement des infrastructures d’essais, le développement des capacités et la coopération civilo-militaire.
Parmi les initiatives en cours, le président de la DRDO a mis en avant les partenariats intégrant à la fois développement et production, plus de 2 000 transferts technologiques, des concours d’innovation tels que « Dare to Dream », ainsi que des collaborations avec des établissements d’enseignement supérieur pour des programmes de doctorat spécialisés en technologies de défense.
Il a aussi présenté les prochaines inductions prévues à court terme, dont des missiles avancés, des torpilles et des systèmes autonomes, s’inscrivant dans un dispositif plus global aligné sur des priorités nationales comme « l’Opération Sudarshan Chakra ».