Depuis la publication fin novembre du projet de plan de paix américain en 28 points, de nombreux responsables et observateurs suggèrent qu’un cessez-le-feu en Ukraine pourrait bientôt être envisagé. Cette hypothèse repose sur un consensus grandissant selon lequel l’Ukraine perd la guerre, alors que ses forces cèdent du terrain et que son économie ainsi que son ordre politique subissent des pressions croissantes. En effet, à l’approche de la quatrième année de conflit, Kyiv fait face à une multiplication des attaques ciblant ses infrastructures critiques, des difficultés de recrutement, ainsi qu’à un scandale de corruption qui a déjà provoqué la démission du chef de cabinet du président Volodymyr Zelensky. Ces défis nourrissent les négociations en cours sur le cessez-le-feu et semblent justifier la narrative de Moscou selon laquelle le temps joue en sa faveur et que Kyiv devrait accepter un accord négocié par le Kremlin avec l’administration Trump.
Au milieu de ces revers ukrainiens, on oublie souvent que, pour la première fois depuis le printemps 2022, la Russie manifeste également un intérêt pour des négociations substantielles — même si elle n’a pas démontré de volonté manifeste de revenir sur ses exigences maximalistes. Cette disposition suggère que, bien que Moscou conserve pour l’heure l’avantage militaire, les difficultés politiques, sociales et économiques qu’elle rencontre s’accumulent, augmentant ainsi les risques que ce conflit fait peser sur la stabilité interne russe.
Dans ce sens, le conflit en Ukraine s’inscrit dans la continuité des guerres impériales infructueuses ou sans issue de la longue histoire russe. À plusieurs reprises au cours des derniers siècles, les dirigeants russes ont engagé des guerres de conquête contre des adversaires qu’ils ont mal évalués, ignorant le contexte international plus large. Plus le conflit s’éternisait, plus il exerçait une pression importante sur une économie et un système politique peu institutionnalisés. Par le passé, l’incapacité à soutenir une guerre prolongée a parfois forcé ces dirigeants à se retirer, souvent trop tard pour sauver leur régime — un schéma qui, loin d’être unique à la Russie, fait partie des risques auxquels Vladimir Poutine est aujourd’hui confronté. La Russie de Poutine affronte ces défis en raison à la fois du choix de mener une guerre impériale à l’ancienne au XXIe siècle et des faiblesses structurelles qu’elle partage avec ses prédécesseurs impériaux et soviétiques. Si l’on ne peut pas affirmer que la Russie de Poutine suivra exactement le même chemin, l’histoire des guerres impériales ratées offre néanmoins un éclairage précieux sur les conséquences durables que pourrait entraîner cette aventure ukrainienne ratée.
Des analogies historiques pour comprendre la guerre
Pour saisir les tensions que l’invasion impose à la Russie, il est utile de comparer cette dernière aux précédentes guerres impériales russes. Alors que Poutine associe souvent son conflit en Ukraine au souvenir historique de la Seconde Guerre mondiale, l’invasion actuelle ressemble davantage aux guerres impériales russes ratées du passé. La guerre de Crimée (1853-1856), la guerre russo-japonaise (1904-1905), la Première Guerre mondiale (1914-1918) et la guerre soviétique en Afghanistan (1979-1988) constituent les analogies les plus pertinentes. Toutes ces guerres ont été menées par choix, dans un objectif d’extension territoriale, et se sont soldées par des défaites militaires suivies de bouleversements politiques.
Les échecs russes dans ces conflits résultaient d’erreurs et de failles récurrentes, que l’on retrouve également dans la guerre de Poutine en Ukraine. Une première erreur commune fut de sous-estimer la capacité militaire et la résilience sociale des adversaires. L’empereur Nicolas Ier s’attendait à ce que l’Empire ottoman cède rapidement à sa demande d’établir un protectorat sur les orthodoxes en Moldavie et en partie en Roumanie, tandis que Nicolas II et ses généraux pensaient que le Japon ne pourrait jamais résister à une grande puissance européenne. Cette arrogance a aussi marqué l’évaluation des Ottomans lors des combats de 1914-1915, quand la Russie avait pour objectif de s’emparer de Constantinople et du détroit des Dardanelles. De même, les commandants soviétiques ont peu respecté les forces hétéroclites des moudjahidines en Afghanistan.
Deuxièmement, les dirigeants russes minimisaient souvent les risques et les effets de l’intervention étrangère, en particulier occidentale, qui prolongeait la guerre et augmentait le coût pour la Russie. Le débarquement de troupes françaises et britanniques en Crimée en 1854 obligea la Russie à combattre sur plusieurs fronts contre des armées mieux équipées. L’appui des services de renseignement britanniques permit à Tokyo d’anticiper les plans russes pendant la guerre russo-japonaise. En 1914, la Russie, après avoir déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie, se retrouva rapidement en guerre contre l’Allemagne, les Ottomans et la Bulgarie. Le blocus germano-ottoman du détroit des Dardanelles empêcha le soutien des Alliés, aggravant l’incapacité du gouvernement tsariste à mobiliser la production de défense. L’invasion soviétique de l’Afghanistan provoqua une riposte des États-Unis, alliés à l’Arabie saoudite et au Pakistan, qui armèrent les moudjahidines et usèrent en dix ans les forces soviétiques, conduisant à leur retrait ordonné par Mikhaïl Gorbatchev.
Avec une économie moins dynamique que ses rivaux occidentaux, la Russie se retrouva chaque fois en position de plus en plus désavantageuse à mesure que la guerre s’éternisait. L’accroissement des charges économiques et des pertes humaines nourrissait non seulement l’opposition au conflit mais aussi au régime en place. Nicolas Ier mourut pendant le siège de Sébastopol (certains contemporains pensaient qu’il s’était suicidé face à cet échec militaire), et son successeur, l’empereur Alexandre II, lança dès lors la plus grande période de modernisation et de réformes impériales russes. Les lourdes pertes et les échecs militaires contre le Japon furent parmi les facteurs déclencheurs des manifestations qui provoquèrent la révolution russe de 1905. En 1917, la désintégration du front intérieur russe précédait l’effondrement de son armée, confrontée à des pénuries récurrentes aggravées par la fermeture du détroit des Dardanelles. Gorbatchev qualifia le fiasco afghan de « plaie saignante » qui sapait les ressources soviétiques et alimentait le mécontentement. La défaite en Afghanistan fut un facteur clé de la chute de l’Union soviétique.
Pas de calme sur le front de l’Est
Dans ces cas historiques, l’arrogance avait conduit les dirigeants russes à attaquer un ennemi plus faible en ignorant les conséquences géopolitiques et leurs propres faiblesses. Aujourd’hui, la Russie de Poutine est dans une situation similaire. Le Kremlin a gravement sous-estimé la résilience politique et la capacité militaire ukrainiennes. Il attendait une capitulation de Kyiv en quelques jours et se retrouve à affronter une quatrième année de guerre de positions dans l’est du pays. Si Moscou prévoyait des sanctions occidentales, il n’avait pas anticipé leur ampleur, la cohésion durable de l’alliance occidentale, ni la volonté des partenaires de l’Ukraine de fournir armes et soutien financier.
Malgré ces erreurs, la Russie présente aujourd’hui une meilleure capacité d’adaptation que ses prédécesseurs, améliorant ses performances militaires et son positionnement international. Elle parvient ainsi à encaisser les sanctions et à renouveler ses forces, ce qui lui permet de conserver une position favorable sur le terrain et de gagner du temps. Néanmoins, ces mesures ne corrigent pas les faiblesses structurelles russes ni les tensions liées à la guerre d’expansion impériale : plus la guerre dure, moins ces mesures seront efficaces.
Le plus grand succès du Kremlin a été de maintenir à flot une économie largement dépendante des ressources naturelles malgré des sanctions inédites. La Banque centrale de Russie a résisté aux pressions des oligarques pour maintenir des taux d’intérêt élevés, freinant ainsi l’hyperinflation au prix d’un ralentissement de la croissance. L’inflation est suffisamment contenue pour permettre une légère baisse du taux directeur en octobre.
Sur le plan militaire, l’armée russe s’est aussi montrée capable d’adaptation, souvent de manière lente et parfois désordonnée. Contrairement à l’armée impériale ou soviétique qui s’appuyait largement sur les conscrits, la plupart des combattants russes en Ukraine sont désormais des mercenaires, des détenus ou des soldats contractuels bien rémunérés. Les primes élevées versées ont permis au ministère russe de la Défense d’atteindre, voire de dépasser, les objectifs mensuels de recrutement. Ces effectifs volontaires ou issus de groupes marginalisés subissent des pertes sans provoquer de réaction populaire aussi vive que dans les guerres précédentes. La Russie a aussi rapidement développé et déployé de nouvelles technologies de drones, missiles et communications, intensifiant la pression sur les forces et infrastructures ukrainiennes. Cette capacité d’adaptation technologique est une nouveauté par rapport aux armées impériale et soviétique.
Un autre avantage clé pour la Russie de Poutine par rapport à ses prédécesseurs tient à sa capacité à éviter l’isolement international. Malgré les sanctions, le développement des chemins de fer, du transport routier et des pipelines a permis de diversifier les routes d’importation et d’exportation. Les volumes de transit ferroviaire et routier ont retrouvé leur niveau d’avant-guerre, tandis que Moscou développe de nouveaux corridors commerciaux contournant les sanctions. La Russie continue de vendre pétrole brut et produits pétroliers sur les marchés mondiaux, bénéficiant du rattrapage de la Chine et de l’Inde, qui compensent la perte des clients européens. Elle parvient aussi à contourner les contrôles occidentaux pour importer des armes, y compris des drones, obus d’artillerie et roquettes, d’Iran et de Corée du Nord. La Chine s’abstient de livrer des armements létaux mais est devenue la principale source russe de biens à double usage soumis aux restrictions occidentales, notamment des machines-outils, composants explosifs et semi-conducteurs. La production de matériel militaire russe est loin des stagnations passées et maintient un rythme élevé de fabrication de drones, blindés et munitions ARTILLÉRIE.
La fin du commencement ?
Malgré ces efforts, les tensions économiques et politiques russes s’intensifient, à l’image des longues guerres impériales passées. Le lien entre échec militaire et bouleversements politiques est probablement une des raisons pour lesquelles Poutine cherche la diplomatie avec l’administration Trump, dans le cadre d’une stratégie visant à consolider les gains sur la table des négociations tant que la position de Moscou reste favorable. Mais, quand et comment la guerre s’achèvera, le Kremlin devra faire face à une crise pour laquelle il est mal préparé, aux conséquences potentiellement imprévisibles pour l’ordre politique national, qui dépendront de la nature de l’arrêt des combats.
Le rythme lent des avancées russes ne laisse guère d’espoir que les forces de Moscou occupent rapidement la totalité des quatre régions orientales ukrainiennes revendiquées par Poutine. Malgré la probable chute prochaine de Pokrovske, la progression russe a été coûteuse et limitée. La grande offensive de l’été dernier a obtenu peu de résultats malgré le volontarisme affiché de Poutine. Les pertes russes s’élèvent à plus de 25 000 hommes par mois. Depuis 2022, les pertes totales atteindraient plus d’un million de tués ou blessés graves — plusieurs fois plus que lors de la décennie de guerre soviétique en Afghanistan.
La Russie ne dispose pas d’un vivier inépuisable de recrues volontaires, d’autant que les moyens pour payer les primes se raréfient. L’alternative consisterait à réintégrer la conscription, tentée puis abandonnée en 2022 après une vague de départs massifs de jeunes hommes, ou à recruter des mercenaires en provenance du Sud global. L’exode des hommes russes, conjugué aux pertes, aggrave le déclin démographique du pays. La situation est devenue si critique que Rosstat, l’agence statistique russe, a cessé cette année de publier des données mensuelles démographiques, ayant auparavant retardé une partie du recensement. La part disproportionnée des pertes parmi les minorités ethniques, notamment les musulmans du Caucase du Nord, les Bouriates, Kalmouks, Touvas et autres, risque d’exacerber les tensions ethniques et les revendications d’autonomie régionale.
Le Kremlin hypothèque également l’avenir économique du pays en développant la production de défense à des niveaux insoutenables, tandis que les sanctions accélèrent la perte de compétitivité et la « dé-modernisation » de l’économie. Le PDG de Sberbank, German Gref, estime que la croissance économique est tombée à zéro, bien que les chiffres officiels restent légèrement positifs, alors que le Kremlin consacre plus de 7 % du PIB à la défense cette année. Les faillites sont en hausse, la Bourse de Moscou a perdu plus de 40 % de sa valeur en 2025 et le déficit budgétaire a dépassé 49 milliards de dollars fin août. Coupée des financements internationaux et avec un Fonds national de protection sociale presque épuisé, la Russie dispose de peu d’options pour financer ses dépenses hors hausse d’impôts, dépréciation du rouble ou autres mesures inflationnistes.
Par ailleurs, les frappes ukrainiennes détruisent l’industrie énergétique russe, pivot de la richesse nationale et source des rentes distribuées aux élites par Poutine. Les attaques récentes contre des pétroliers de la « flotte fantôme » contournant les sanctions au large de la Russie compliquent encore la situation, tandis que de nouvelles sanctions américaines sur Rosneft et Lukoil contraignent les acheteurs chinois et indiens à réduire leurs achats.
Le modèle politique russe augmente encore le risque. Le régime, qualifié de « patrimonial » par Henry Hale, contrôle la répartition des revenus pour assurer la loyauté des élites. La guerre a encore renforcé le caractère personnaliste du régime, avec une répression accrue et une inquiétude grandissante parmi les élites. La réduction de la « part du gâteau » économique réduit les ressources disponibles à redistribuer, légalement ou autre. En conséquence, la Russie observe des vagues de nationalisations accompagnées d’une lutte sélective contre la corruption, qui fournissent des liquidités à court terme et permettent au Kremlin de récompenser ses soutiens tout en rompant les liens avec les responsables et oligarques traditionnels du système. Ceux qui craignent de perdre leurs privilèges peuvent recourir à des mesures extrêmes.
L’internationalisation du régime, un atout majeur de la Russie post-soviétique, engendre aussi de nouvelles vulnérabilités. La guerre accroît la dépendance stratégique vis-à-vis de Pékin, notamment en limitant Moscou aux ambitions chinoises dans la région indo-pacifique. La Chine aide la Russie à contourner les contrôles à l’exportation mais augmente parallèlement les prix des biens à double usage, profitant du manque d’alternatives. La Russie fournit à la Chine des capacités avancées de défense aérienne, de missiles et de guerre électronique, contribuant aussi à la formation des troupes chinoises en vue d’une éventuelle invasion de Taïwan. Quelle que soit l’issue du conflit ukrainien, la Russie en sortira appauvrie, affaiblie militairement à court terme, et plus dépendante de ses partenaires, en particulier la Chine.
L’histoire ne se répète pas, mais elle bégaie
Plus la guerre se prolonge, plus le risque d’un scénario catastrophique s’intensifie. L’absence d’un accord avec Washington — ainsi qu’avec Kyiv et Bruxelles — condamnerait le Kremlin à un conflit long qu’il ne gagnera probablement pas mais qu’il ne peut également pas abandonner. La phase post-2022 de la guerre russo-ukrainienne dure déjà plus longtemps que la guerre de Crimée, celle russo-japonaise, et un peu plus longtemps que la participation russe à la Première Guerre mondiale. Les pressions économiques et politiques s’accentuent. Si l’économie russe s’enlise dans une stagnation à la brejnévienne, le risque de crise s’amplifie avec le temps. Une guerre prolongée accroît aussi les risques de déstabilisation dus aux luttes internes au sein de l’élite, à l’opposition populaire grandissante et aux revendications régionales.
Dans l’hypothèse d’un cessez-le-feu, le Kremlin devra aussi relever un nouveau défi : vendre un accord qui ne répondra pas à ses ambitions initiales. Les Russes ordinaires voudront comprendre pourquoi les sacrifices consentis étaient justifiés. Moscou rencontrera également des difficultés pour réintégrer des millions de vétérans traumatisés, y compris ceux libérés du système pénitentiaire pour renforcer les rangs. Les vétérans de la guerre d’Afghanistan constituent un exemple connu : ils formèrent une part importante du sous-monde criminel lors de la dissolution soviétique. Le nombre beaucoup plus élevé des anciens combattants ukrainiens (dont des criminels endurcis) pourrait jouer un rôle déstabilisateur similaire aujourd’hui.
L’économie de mobilisation devra aussi être démantelée. Même si le Kremlin entend rester prêt à affronter une guerre contre l’OTAN dans 5 à 10 ans, les niveaux actuels de dépenses ne sont pas soutenables. Réduire ces dépenses risque d’aggraver les conflits entre élites suscités par la mobilisation, tant au centre qu’en régions ayant bénéficié de la production de défense. Par ailleurs, les sanctions européennes ne seront pas levées de sitôt, même en cas d’accord avec Moscou. Le marché européen du gaz russe par pipeline est probablement perdu pour de bon. Indépendamment des sanctions, les vagues de nationalisations et confiscations menées par le Kremlin indiquent que le risque politique pour les investissements reste élevé. Western companies are unlikely to return en masse, even if a ceasefire agreement opens new commercial possibilities. Under these conditions, Russia’s short-term difficulties will be more chronic than acute, but will continue to undermine growth, political cohesion, and military regeneration over time.
Dès le début de l’invasion, Moscou a répété que le temps joue en sa faveur et que plus la guerre dure, plus l’Ukraine perdra. Ce calcul pourrait s’avérer exact : la variable clé demeure le niveau et la nature du soutien occidental à Kyiv.
Malgré une économie et une population plus importantes, la Russie autocratique reste en certains points moins capable de supporter les lourdeurs d’un conflit prolongé qu’une Ukraine démocratique soutenue par ses partenaires européens et américains. La théorie de la victoire de Kyiv, exprimée par l’ancien ministre ukrainien de la Défense Andriy Zagorodnyuk, repose sur la « neutralisation stratégique » des offensives russes, forçant Moscou à épuiser ses ressources pour des gains marginaux jusqu’à ce que le Kremlin se retire.
L’approche de Zagorodnyuk reconnaît les limites inhérentes au système russe. Une autocratie peu institutionnalisée dotée d’une économie prédatrice est mal armée pour une guerre d’usure exigeante, surtout lorsque la population civile est invitée à faire des sacrifices sans se sentir partie prenante du combat. La Russie a déjà vécu cette histoire. Si Poutine raisonne en se référant à la Seconde Guerre mondiale, c’est l’histoire récente des guerres impériales ratées, de la Crimée à l’Afghanistan, qui offre le modèle le plus pertinent pour anticiper l’issue probable de la tentative ukrainienne de la Russie.
Jeffrey Mankoff, Ph.D, est chercheur distingué à l’Institut des études stratégiques nationales de la National Defense University et associé senior au Center for Strategic and International Studies. Il est l’auteur des ouvrages Russian Foreign Policy: The Return of Great Power Politics (2012) et Empires of Eurasia: How Imperial Legacies Shape International Security (2022).