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Le retrait d’un territoire libre dans le Donbass constitue une ligne rouge que l’Ukraine et 75 % des Ukrainiens refusent de franchir. Seuls 17 % acceptent les exigences de capitulation formulées par la Russie, tandis que le gouvernement affirme qu’une telle retraite est inacceptable.

Retirer ses forces du Donbass libre est un cap intransgressible pour l’Ukraine et sa population. Selon un récent sondage, 75 % des Ukrainiens s’opposent à une telle retraite, alors que seulement 17 % soutiennent les exigences russes de capitulation. Ces chiffres restent stables, témoignant de la persistance de la volonté de combat ukrainienne.

Le soutien au président Volodymyr Zelensky augmente légèrement, atteignant désormais 61 %, un niveau élevé comparé à d’autres démocraties. À titre de comparaison, seuls 30 % des Suédois font confiance au Premier ministre suédois Ulf Kristersson, et 46 % à leur leader social-démocrate. Aux États-Unis, 41 % des citoyens soutiennent Donald Trump. En démocratie, un soutien autour de 50 % est habituellement considéré comme suffisant pour gouverner sans compromis majeurs.

Le quotidien allemand Bild rapporte que pour Zelensky, un retrait du Donbass est une ligne rouge non négociable. Il s’interroge également sur l’injustice qu’une seule partie, l’Ukraine, doive reculer, tandis que l’agresseur russe, responsable de crimes de guerre, ne le fasse pas, même de quelques kilomètres.

Parallèlement aux opérations militaires, le débat sur l’adaptation aux nouveaux modes de guerre s’intensifie. L’officier d’infanterie suédois Andreas Braw, récompensé par la médaille d’argent de l’Académie royale de guerre de Suède, a publié une analyse approfondie intitulée “S’adapter ou mourir”. Il souligne l’enjeu fondamental que représente le combat contre les forces aériennes sans pilote (drones) dans le conflit moderne. Il déplore que la Suède reste en retard face à ces défis, notamment dans la guerre électronique et la gestion intégrée des drones au sein des unités terrestres.

“Pour gérer la situation des drones, il faut d’abord reconnaître notre profonde méconnaissance de ce type de guerre. Il ne s’agit pas de quelques drones sur un terrain d’exercice, mais de hordes de milliers de drones sur le champ de bataille.
Le champ de bataille est quasi en permanence surveillé, sauf en cas de brouillard ou de tempête.”

Braw souligne également que la guerre par drones s’appuie sur des systèmes de commandement et de contrôle avancés, comme ceux ukrainiens Kropyva et Delta, qui permettent une coordination précise et rapide des tirs, jusqu’au niveau de la brigade et de l’armée. La Suède ne dispose pas pour l’instant d’équipements équivalents, ce qui la fragilise fortement face à une guerre moderne et automatisée.

Il alerte sur le fait que la Suède pourrait être engagée dans un conflit majeur dès l’an prochain, ou dans les trois prochaines années. Le maintien d’anciennes pratiques professionnelles et l’inaction face à cette révolution tactique pourrait conduire à des défaites sévères et à des pertes humaines évitables.

Sur le terrain ukrainien, les affrontements se poursuivent :

  • Les services de renseignement militaire ukrainiens (SBU) ont détruit deux nouvelles stations radar russes sur la péninsule de Crimée, appartenant au système de défense antiaérienne longue portée S-400, en utilisant des drones d’attaque à voilure fixe, probablement des FP-2.
  • Un avion de transport russe AN-22, qui s’est écrasé récemment en Russie, a été filmé se désintégrant en vol, à cause d’un défaut d’entretien et de fatigue des matériaux. La durée de vie de ces appareils, engagés dans un conflit depuis plus de quatre ans, est largement dépassée.
  • Sur le front de Pokrovsk, la 7e armée ukrainienne repousse une attaque russe grâce à l’artillerie et à des roquettes guidées HIMARS ou M270 GMLRS, équipées de sous-munitions.
  • Un train russe transportant 23 wagons-citernes et deux locomotives a déraillé dans l’oblast de Penza, sans doute à cause des conditions météorologiques. La destruction des locomotives perturbe gravement la logistique russe, déjà fragilisée par les sanctions.
  • Une vidéo montre l’élimination par la défense territoriale ukrainienne d’un opérateur d’un drone de reconnaissance Molnija, grâce à un tir d’artillerie précis.
  • Les infrastructures pétrolières russes continuent de subir des bombardements, notamment une raffinerie de gaz fossile à Astrakhan, ainsi que des raffineries à Iaroslavl et à Syzran, contraintes de suspendre leurs activités.
  • Une majorité d’Ukrainiens (72 %) accepterait un gel du conflit le long des lignes actuelles, sans reconnaître la souveraineté russe sur les territoires occupés, tandis qu’un tiers seulement soutient l’organisation d’élections en temps de guerre.
  • À Kupiansk, environ 200 soldats russes sont encerclés, mais l’armée ukrainienne progresse avec prudence pour limiter les pertes militaires et civiles.
  • Un drone FPV frappe des soldats russes sur le front de Pokrovsk, causant un incendie et probablement des victimes.
  • Une hélicoptère d’attaque russe Mi-24 a été filmée abattant un missile Shahed au-dessus du front, illustrant l’importance des défenses aériennes rapprochées dans la protection des troupes.
  • La Russie construit une base importante pour le lancement de drones Shahed dans l’oblast de Briansk, cible potentielle d’attaques répétées nécessitant de nombreux frappes pour être neutralisée.
  • En mer Noire, le service de sécurité ukrainien (SBU) a coulé un sous-marin russe de classe Kilo dans le port de Novorossiisk, à l’aide d’une torpille téléguidée (“drone sous-marin”). Ces sous-marins lancent des missiles de croisière contre l’Ukraine, et cette attaque marque une escalade importante. Cette action ouvre désormais une “voie libre” pour attaquer la flotte russe à l’intérieur même de son port principal, renforçant la pression sur les navires de surface, notamment ceux équipés de lanceurs verticaux de missiles de croisière.

Au-delà de cet épisode, le SBU semble avoir la capacité d’accéder aux caméras de surveillance russes et de documenter leurs opérations avec précision.