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Le Congrès américain souhaite que le Département de la Défense réalise une étude approfondie sur les effets psychologiques liés à l’utilisation des armes sans pilote. Insérée dans le vaste projet de loi sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA) en cours d’examen, une disposition prévoit une « étude complète » sur l’impact mental du travail avec les systèmes aériens sans équipage (UAS), plus couramment appelés drones, sur les militaires.

Ce projet de loi de défense, adopté par la Chambre des représentants et en attente d’un vote au Sénat, traite de sujets variés, allant des augmentations de salaire à la revalorisation d’une distinction honorifique jusqu’à la Médaille d’honneur. L’article 737 de la NDAA de cette année demande « une évaluation de la prévalence du trouble de stress post-traumatique, de la dépression, de l’anxiété, de l’épuisement professionnel, des blessures morales et d’autres troubles psychiques » chez les soldats qui opèrent directement des UAS, ainsi que ceux qui y sont indirectement associés.

Cette initiative intervient alors que l’armée américaine augmente rapidement son arsenal de systèmes sans pilote et cherche à les intégrer au plus vite dans les opérations quotidiennes des troupes et les tactiques de combat. L’Armée de Terre ambitionne d’acquérir un million de drones, tandis qu’une note interne du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, publiée plus tôt cette année, souligne l’importance des drones, notamment les plus petits, souvent déployés en essaims. Cette expansion concerne l’ensemble des forces armées, qui multiplient les efforts pour adapter rapidement leur emploi des drones.

La nouvelle mesure prévoit une évaluation non seulement des pilotes de drones, mais aussi des personnels analysant les images produites par ces appareils, ainsi que ceux impliqués dans le ciblage et les techniciens « déployés dans des rôles non-combattants », comme les mainteneurs. Selon le Congrès, l’étude doit comprendre les éléments « uniques » à l’utilisation des drones, tels que les troubles du sommeil et la réception à distance d’images de frappes létales, y compris les pertes civiles. Une revue des programmes de santé mentale existants, destinés aux militaires, est également prévue, afin de déterminer s’ils sont « adaptés à la nature spécifique des opérateurs de drones ».

Le Pentagone a déjà intensifié ses efforts pour mieux prendre en charge la santé mentale des militaires, notamment par des évaluations récentes lors des phases de transition hors du service actif.

Selon des experts consultés, cette étude portera probablement davantage sur les drones dits « lourds », comme le MQ-9 Reaper, largement utilisés depuis la guerre contre le terrorisme, plutôt que sur les drones à vue à la première personne, moins coûteux, qui se sont multipliés en Ukraine. L’expérience des forces américaines avec ces derniers reste en effet limitée par rapport à celle avec les drones plus sophistiqués.

Le texte de la NDAA prévoit la remise d’un rapport non classifié un an après la promulgation de la loi. Ce rapport devra inclure une série de recommandations visant à améliorer les dépistages et les traitements liés aux impacts psychologiques sur les opérateurs de drones.