Un comité parlementaire indien a sévèrement critiqué Hindustan Aeronautics Limited (HAL) pour plus de dix ans de retards répétés dans l’obtention des certifications civiles internationales pour ses hélicoptères. Ces lenteurs ont engendré des pertes financières supérieures à 108 crores de roupies et la perte de contrats export précieux.
Le Comité des entreprises publiques (CPU), dans un rapport présenté au Parlement le 12 décembre, a pointé du doigt le manque d’engagement proactif de HAL avec les régulateurs mondiaux. Cette carence a gravement entravé la capacité de l’Inde à promouvoir ses appareils à voilure tournante conçus localement sur les marchés étrangers. Le comité demande désormais au ministère de la Défense et au ministère de l’Aviation civile d’abandonner les études préliminaires et d’entamer sans délai des négociations d’accords bilatéraux formels avec les principales autorités internationales de certification, en particulier l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA).
Un exemple marquant souligné par le comité concerne la longue lutte de HAL, durant plus de dix ans, pour obtenir la certification de type EASA pour l’un de ses modèles d’hélicoptères. Ce qui avait été initialement perçu comme une démarche relativement simple, compte tenu de l’expérience étendue de la société en matière de certifications militaires, s’est transformé en une épreuve prolongée en raison d’une coordination insuffisante avec les autorités civiles dès les premières étapes. Ce retard a non seulement entraîné de lourdes pénalités financières, mais a également entamé la réputation de HAL à l’échelle internationale, dissuadant de potentiels acheteurs étrangers.
Le Comité a insisté pour que les exigences de certification civile internationale soient intégrées dès la phase de conception, et non traitées comme une simple addition ultérieure. Il a demandé au ministère de la Défense de fournir un compte rendu détaillé des mesures concrètes déjà engagées et de s’engager sur un calendrier contraignant pour la conclusion des accords bilatéraux de certification.
Dans sa réponse écrite, HAL a précisé que la majeure partie de ses activités reste orientée vers la défense, et que seules les plates-formes présentant un potentiel civil clair font l’objet de certifications civiles et internationales. La société a assuré que son manuel de Recherche et Développement intègre déjà les normes militaires et celles de la Direction générale de l’aviation civile (DGCA), et que les exigences internationales seront systématiquement prises en compte dès la conception lorsqu’un projet le requiert.
HAL a également mis en avant l’existence d’un groupe dédié à la navigabilité, qui coordonne en continu avec la DGCA ainsi qu’avec l’EASA. Le ministère de la Défense a pour sa part assuré au Comité qu’il examinera la possibilité de renforcer les accords bilatéraux avec les principales autorités de certification, en collaboration avec le ministère de l’Aviation civile et la DGCA, afin d’accélérer les processus d’approbation futurs.