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Le Royaume-Uni a officiellement lancé un nouveau programme de missile balistique tactique suite à la publication par le ministère de la Défense (MOD) d’un avis relatif au projet NIGHTFALL.

Publié le 9 décembre, cet avis confirme que le MOD recherche des partenaires industriels pour mener à bien un programme de développement à court terme. Cette démarche fait suite à une étape précédente en novembre, durant laquelle les autorités ont examiné les réponses à une sollicitation d’informations. Le ministre de la Défense, Luke Pollard, avait indiqué au Parlement que le département comptait lancer l’appel d’offres avant la fin de l’année, après analyse des retours de l’industrie.

Selon le document, le MOD vise à « acquérir un futur missile balistique tactique via un programme de développement à court terme », soulignant ainsi l’une des exigences les plus ambitieuses en matière de missiles jamais poursuivies par le Royaume-Uni depuis plusieurs décennies.

Le programme sera structuré autour d’une phase de Développement Concurrentiel, durant laquelle jusqu’à trois fournisseurs pourront se voir attribuer des contrats financés pour développer et perfectionner leurs propositions. Cette phase devrait durer environ 12 mois, à l’issue desquels le ministère évaluera les options pour un développement ou une production ultérieure.

L’avis publié offre un aperçu rare et précis des performances attendues du système NIGHTFALL. Le MOD réclame un missile balistique terrestre économique, d’une portée supérieure à 500 kilomètres, capable d’opérer dans des environnements hautement menacés et contestés.

Les exigences précisent que le système doit être « capable d’être lancé en toute sécurité depuis une plateforme mobile au sol dans un environnement tactique à forte menace, en naviguant vers et en frappant avec précision une coordonnée cible fixe programmée par l’utilisateur. » Il doit fonctionner de jour comme de nuit, résister à des conditions physiques difficiles et maintenir sa résilience dans des environnements électromagnétiques complexes, y compris en cas de dégradation ou de privation des signaux de navigation par satellite.

Chaque missile transportera une charge explosive de haute performance d’environ 200 kilogrammes et évoluera à vitesse supersonique selon une trajectoire balistique. Le MOD exige une précision dite « circular error probable » de 10 mètres pour 50 % des frappes, précisant que le missile doit « atteindre une zone située à moins de 10 mètres d’une coordonnée cible fournie dans 50 % des cas ».

Le système doit également pouvoir soutenir des tirs en salve. L’avis exige la capacité de lancer plusieurs missiles depuis un même véhicule terrestre, tous tirés depuis un unique lanceur. Après les tirs, le lanceur et son équipage doivent pouvoir quitter rapidement la zone, le MOD précisant qu’ils doivent « quitter la zone dans les 15 minutes suivant le lancement de tous les missiles. » Les délais d’impact exigent que chaque missile atteigne sa cible en moins de 10 minutes après le lancement.

La modularité est une autre préoccupation majeure pour l’avenir. Sous réserve de contrats futurs, la production devra pouvoir assurer au minimum dix unités par mois, avec une capacité à accroître cette cadence. Le ministère insiste aussi sur le potentiel d’évolution, les concepts devant permettre de futurs perfectionnements en portée, précision et manœuvrabilité.

L’avis souligne aussi que les systèmes doivent minimiser leur dépendance vis-à-vis des restrictions gouvernementales étrangères telles que les contrôles à l’exportation. Les fournisseurs doivent être en mesure de livrer au moins cinq unités complètes dans un délai de neuf à douze mois pour des essais.

Malgré la clarté et l’exigence de ce cahier des charges, le MOD se réserve le droit de modifier ou d’annuler le processus à tout moment. Comme indiqué, « l’Autorité se réserve le droit de ne pas attribuer de contrat à aucun fournisseur à n’importe quelle étape de la procédure d’acquisition. »