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Fukushima, Japon, 12 décembre 2025. Dans la préfecture de Fukushima, région frappée par l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi en 2011, des spécialistes internationaux de la gestion des urgences se sont réunis pour une formation technique d’une semaine consacrée à la surveillance radiologique en situation d’urgence. Des experts venus d’Ukraine, d’Asie du Sud-Est et d’Australie ont participé à cet atelier organisé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Financée par le ministère japonais des Affaires étrangères dans le cadre de son soutien à l’Ukraine, cette formation visait à renforcer la coopération internationale, en mettant un accent particulier sur la participation ukrainienne, compte tenu de la nécessité pour ce pays d’améliorer ses capacités en matière de préparation et de réponse aux urgences nucléaires et radiologiques. Le Centre de Renforcement de Capacité du Réseau de Réponse et d’Assistance de l’AIEA (RANET) a conduit ce stage du 20 au 24 octobre 2025 au Centre préfectoral de création environnementale de Fukushima.

« L’expérience du Japon en matière de réponse aux urgences n’est pas seulement un atout national, c’est une ressource mondiale », a déclaré Karine Herviou, directrice générale adjointe de l’AIEA et responsable du Département de la sûreté et de la sécurité nucléaires. « En partageant les enseignements tirés de Fukushima Daiichi, nous contribuons à renforcer la résilience bien au-delà des frontières japonaises. »

« Grâce aux initiatives de l’AIEA, le Japon apporte son soutien à l’Ukraine, qui fait face à des menaces sur la sûreté nucléaire. Nous espérons que cet atelier contribuera à renforcer les capacités ukrainiennes de réponse aux urgences nucléaires et radiologiques », a ajouté Kenichiro Tanaka, directeur de la Division de la Coopération nucléaire internationale au ministère japonais des Affaires étrangères.

Surveillance radiologique et prélèvements environnementaux

Les participants ont bénéficié d’un enseignement mêlant théorie et exercices pratiques sur le terrain, dans certaines des zones les plus affectées de Fukushima. Ils ont notamment réalisé des mesures radiologiques et des prélèvements environnementaux sur des sites tels que l’ancienne école élémentaire de Kumamachi à Okuma et Yasuragi-Sou, une résidence pour personnes âgées à Namie — toutes deux inhabitables depuis la catastrophe. Sous la supervision des formateurs de l’AIEA et de l’Organisation australienne de la science et de la technologie nucléaires, ils ont utilisé des systèmes portables de détection, des spectromètres gamma et des détecteurs de contamination pour collecter et analyser des données en conditions réelles.

Formation en conditions réelles

Un point clé de cette formation était l’utilisation du Système international d’information sur la surveillance radiologique de l’AIEA. Les participants ont intégré leurs mesures sur une plateforme sécurisée dédiée à la formation, apprenant ainsi à visualiser et interpréter rapidement les résultats pour faciliter la prise de décision en cas d’urgence nucléaire ou radiologique.

« S’entraîner dans un environnement réel — où il est possible de mesurer la radioactivité et de simuler des réponses d’urgence — permet d’acquérir des compétences qu’on ne peut pas obtenir avec un apprentissage purement théorique », a souligné Karine Herviou. « Cette approche est d’autant plus précieuse pour des pays comme l’Ukraine, où la capacité à réagir rapidement est cruciale. »

Cette session internationale regroupait des experts venus d’Indonésie, de Malaisie, de Singapour et d’Ukraine, illustrant l’engagement de l’AIEA dans le renforcement des capacités au niveau régional. Le ministère japonais des Affaires étrangères, partenaire de longue date des activités de préparation aux situations d’urgence nucléaire de l’AIEA, continue de soutenir ces initiatives afin que les leçons tirées de Fukushima servent de référence aux normes et pratiques mondiales.

À l’avenir, l’AIEA prévoit d’autres ateliers au Japon, tels que l’exercice conjoint RANET et une formation dédiée à la communication publique en situation de crise nucléaire, incluant des enseignements sur la gestion de la désinformation.

« Le partenariat entre l’AIEA, le Japon et les pays participants est essentiel pour renforcer la sûreté nucléaire mondiale », a conclu Karine Herviou. « En nous entraînant ensemble à Fukushima, nous nous préparons à relever des défis qui ne connaissent pas de frontières. »