Le ministère de la Défense britannique a officiellement lancé une nouvelle organisation des Services de renseignement militaire, regroupant pour la première fois les unités de renseignement de la Royal Navy, de l’Armée de terre et de la Royal Air Force au sein d’une seule structure, conformément aux réformes prévues dans la Revue stratégique de défense.
Cette nouvelle entité, nommée Military Intelligence Services (MIS), rassemble les fonctions du renseignement de la défense sous une organisation unique, afin d’accélérer la collecte, l’analyse et le partage des informations au sein des forces armées. Selon le ministère, cette réforme vise à améliorer la capacité du Royaume-Uni à anticiper et répondre à une diversité croissante de menaces, telles que les cyberattaques, les interférences sur les satellites, les perturbations des voies maritimes ou encore les campagnes de désinformation.
Parallèlement à la création du MIS, le ministère de la Défense a également mis en place une nouvelle Unité de contre-espionnage de la défense (Defence Counter-Intelligence Unit, DCIU). Cette unité regroupe des spécialistes du contre-espionnage issus de différentes branches de la défense. Le ministère souligne une hausse de plus de 50 % de l’activité hostile visant le ministère de la Défense au cours de la dernière année, justifiant ainsi la nécessité d’une réponse plus intégrée.
Ces nouvelles structures ont été inaugurées sur le site de renseignement de Wyton, dans le Cambridgeshire, qui abrite un important centre de fusion du renseignement manipulant des informations classifiées partagées entre les partenaires de l’alliance Five Eyes. Le MIS opérera sous l’égide du Cyber and Specialist Operations Command, dirigé par le Chef du renseignement de la défense, intégrant les données provenant des domaines terrestre, maritime, aérien, spatial et cybernétique.
Le secrétaire à la Défense, John Healey, a déclaré que ces changements visaient à optimiser le fonctionnement du renseignement militaire dans un environnement devenu plus contesté. « À mesure que les menaces augmentent, nous rendons le renseignement de défense plus intelligent », a-t-il expliqué, en ajoutant que les réformes offriraient des « technologies de pointe, des structures claires et des flux de données plus rapides » pour fournir des alertes plus précoces face aux menaces potentielles.
Le général Sir Jim Hockenhull, commandant du Cyber and Specialist Operations Command, a qualifié la création du MIS et de la DCIU de « démarche significative pour renforcer la capacité du Royaume-Uni à anticiper les activités hostiles ». « Le renseignement est au cœur de la défense », a-t-il souligné, rappelant que les opérations de renseignement sont continues et soutiennent toutes les activités militaires sur l’ensemble des domaines.
Le ministère précise que la Defence Counter-Intelligence Unit se concentrera sur la protection des capacités sensibles de défense, notamment la dissuasion nucléaire, les programmes technologiques avancés et les infrastructures critiques, tout en renforçant la coopération avec les agences de renseignement britanniques et les partenaires de l’OTAN.
Ce lancement intervient après la publication de l’enquête Dawn Sturgess, qui a révélé que les services de renseignement étrangers ciblent de plus en plus le personnel de la défense, les chaînes d’approvisionnement et les partenaires industriels. Le gouvernement présente ces réformes comme une étape clé dans la modernisation globale de la défense, accompagnée des engagements accrus en matière de dépenses militaires annoncés plus tôt cette année.