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L’Inde appelle à un « engagement pragmatique » avec les talibans, soulignant la nécessité d’adopter des politiques nuancées pour soutenir durablement le peuple afghan.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la situation en Afghanistan, l’ambassadeur indien auprès de l’ONU, Parvathaneni Harish, a insisté sur l’importance d’un engagement pragmatique avec les talibans. Selon lui, une politique centrée uniquement sur des mesures punitives risquerait de favoriser une continuité des tensions et blocages observés depuis plusieurs années.

Intervenant le 10 décembre 2025, le représentant permanent de l’Inde a déclaré que l’action internationale doit se fonder sur des instruments politiques « nuancés » afin d’apporter des bénéfices durables à la population afghane. Il a souligné l’engagement de New Delhi à répondre aux besoins de développement du pays.

Dans ce cadre, la décision récente du gouvernement indien de rehausser le statut de sa mission technique à Kaboul en une ambassade officielle illustre cette détermination. « Nous poursuivrons nos échanges avec tous les acteurs concernés pour renforcer notre contribution au développement global, à l’aide humanitaire et au renforcement des capacités en Afghanistan, conformément aux priorités et aspirations de la société afghane », a-t-il expliqué.

Le ministre afghan des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, s’était rendu à New Delhi en octobre pour sa première visite officielle depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021. Lors de rencontres avec le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, un nouvel élan a été donné à la coopération bilatérale, notamment avec la promesse de relancer les projets de développement en Afghanistan.

Rappelons qu’après la prise du pouvoir des talibans en août 2021, l’Inde avait temporairement retiré son personnel diplomatique de Kaboul, avant de rétablir une présence diplomatique en juin 2022 par le déploiement d’une équipe technique.

Sur le volet sécuritaire, M. Harish a assuré que l’Inde continue de suivre de près la situation en Afghanistan. Il a appelé la communauté internationale à coordonner les efforts pour empêcher que les groupes terroristes désignés par le Conseil de sécurité, tels que l’État islamique (EIIL), Al-Qaïda, Lashkar-e-Taiba (LeT), Jaish-e-Mohammed et leurs affiliés, ne poursuivent leurs activités transfrontalières.

L’ambassadeur indien a également condamné les frappes aériennes et les massacres touchant des civils, notamment des femmes, des enfants et des sportifs, conformément aux inquiétudes exprimées par la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA).

En outre, il a dénoncé la pratique du « terrorisme commercial et de transit » dont souffre l’Afghanistan. « L’accès restreint à ce pays enclavé, déjà fragilisé par de nombreuses difficultés, constitue une violation manifeste des normes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) », a-t-il affirmé. Il a qualifié ces entraves de violations du droit international et de la Charte des Nations unies.

M. Harish a rappelé le soutien ferme de l’Inde à l’intégrité territoriale, à la souveraineté et à l’indépendance de l’Afghanistan. Il a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et internationale coordonnée pour promouvoir la paix, la stabilité et le développement du pays.

L’aide humanitaire et le développement des capacités locales restent des priorités pour l’Inde, qui mène actuellement plus de 500 projets de coopération dans toutes les provinces afghanes.

Suite à la visite de M. Muttaqi à New Delhi, ces initiatives devraient être renforcées, notamment dans les secteurs de la santé, des infrastructures publiques et du renforcement des compétences.

Par ailleurs, la collaboration avec les agences onusiennes est maintenue dans des domaines clés tels que la santé, la sécurité alimentaire, l’éducation et le sport.

Enfin, la visite du ministre afghan de l’Industrie et du Commerce, Alhaj Nooruddin Azizi, accompagnée d’une délégation commerciale en novembre, a permis de consolider la coopération en matière de connectivité, de facilitation des échanges et d’accès aux marchés.