Un sergent de la Space Force a sauvé sa vie grâce à une montre connectée qui lui a été fournie dans le cadre d’une étude fitness. Cette montre lui a permis de détecter un problème cardiaque grave, jusque-là asymptomatique, évitant un risque vital potentiel.
Le sergent Garry Springle, membre des forces spatiales américaines, affirme qu’il ne serait pas en vie sans la montre connectée que la Space Force lui a remise dans le cadre d’une étude continue sur la forme physique. Peu après le début du programme, il a remarqué que l’appareil ne cessait de l’alerter sur son incapacité à atteindre les standards de condition physique de la Space Force, en particulier sur le nombre de minutes d’exercice à intensité cardiaque suffisante.
Pour satisfaire ces exigences, il devait élever son rythme cardiaque à 70 % du maximum théorique pour son âge. Pourtant, quel que soit l’effort fourni, la montre indiquait que son rythme cardiaque ne montait pas assez. Il ne présentait par ailleurs aucun symptôme apparent d’une quelconque pathologie.
« Au début, je pensais que la montre était peut-être défectueuse, mais j’ai persévéré et je ne me suis pas découragé », confie Springle. « Finalement, on a découvert que j’avais un problème cardiaque qui aurait très facilement pu m’être fatal. »
Suite à une recommandation médicale, il a consulté un cardiologue puis un électrophysiologiste. Ces spécialités médicales ont révélé une maladie cardiaque non diagnostiquée qui, sans cette découverte, aurait pu entraîner sa mort subite. « Les médecins m’ont expliqué que si je n’avais pas été traité, mon cœur aurait pu lâcher sans avertissement », ajoute-t-il. Il n’avait ressenti aucun signe avant-coureur, ce qui fait de ce problème un « tueur silencieux ».
Ce dispositif connecté faisait partie du programme appelé Continuous Fitness Assessment, une étude volontaire visant à monitorer en permanence certains indicateurs de forme physique. Au départ, les membres de la Space Force participant à cette étude n’étaient pas soumis à des tests physiques obligatoires, mais depuis octobre, un nouveau test d’aptitude physique est devenu obligatoire pour tous les personnels. Dans ce cadre, les participants doivent effectuer un volume d’exercice mensuel précis.
Christine Heit, responsable de l’approche santé globale pour la Space Force, souligne que le programme vise à encourager une pratique régulière du sport, contrairement à la tendance fréquente de reprendre une activité physique seulement quelques semaines avant un test sportif. « Certaines personnes comprennent l’intérêt d’un entraînement régulier, d’autres non, et on voit souvent des cas où l’on se met à courir peu avant le test, puis on souffre de courbatures pendant des semaines. Notre objectif était de changer cette dynamique », explique-t-elle.
Fort de plus de sept années passées dans l’armée avant de rejoindre la Space Force, Springle s’était initialement montré intéressé par ces objectifs fitness. Mais en quelques semaines, il est apparu qu’il rencontrait un problème sérieux. « J’avais ce sentiment que quelque chose n’allait pas. Malgré mes efforts pour atteindre le seuil d’intensité hebdomadaire, j’étais en difficulté, et je ne voulais pas être exclu prématurément du programme. J’ai donc contacté un maximum de personnes pour comprendre ce qui se passait », raconte-t-il.
Ses inquiétudes ont été entendues par un spécialiste de la condition physique militaire, qui a remarqué que sa fréquence cardiaque ne réagissait pas normalement lors d’un test et l’a orienté vers un médecin. Une électrocardiographie a révélé des contractions ventriculaires prématurées : son cœur « sautait » littéralement des battements, chaque battement sur deux étant « faux », réduisant de facto l’efficience cardiaque à environ 50 % de la normale.
Pour Springle, qui s’entraînait cinq jours par semaine et faisait régulièrement de la randonnée en famille les weekends, cette révélation fut un choc. « J’aurais pu faire une insuffisance cardiaque à tout instant sans le savoir », souligne-t-il. L’expérience lui a transmis une leçon essentielle : être le premier défenseur de sa propre santé. « Si vous sentez que quelque chose cloche, ne l’ignorez pas. Ce qui paraît mineur peut devenir un problème majeur. »