Les États-Unis ont informé le Congrès d’un contrat de 686 millions de dollars visant à moderniser les avions de chasse F-16 pakistanais, une démarche qui devrait susciter un examen attentif des législateurs ainsi qu’une vigilance particulière en Inde, alors que ce programme entre en période d’examen obligatoire de 30 jours.
Dans des lettres adressées aux principaux responsables des commissions parlementaires, l’Agence de Coopération en Sécurité de Défense (Defense Security Cooperation Agency) a indiqué que l’US Air Force prévoit d’émettre une lettre d’offre et d’acceptation à destination du Pakistan pour la fourniture « d’équipements et services de défense estimés à 686 millions de dollars ».
Ces notifications ont été transmises au président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, au président de la commission des affaires étrangères du Sénat, James Risch, ainsi qu’au président de la commission des affaires étrangères de la Chambre, Brian Mast. Le programme proposé comprend 37 millions de dollars d’équipements majeurs de défense (Major Defense Equipment – MDE) et 649 millions de dollars supplémentaires pour du matériel, des logiciels et un soutien logistique.
La liste des MDE inclut 92 systèmes Link-16, un réseau numérique tactique résistant au brouillage, utilisé par les forces américaines et alliées pour partager en temps réel des informations du champ de bataille, ainsi que six corps de bombe inertée Mk-82 de 500 livres, des munitions non-guidées à faible traînée, strictement destinées à des fins de test d’intégration et de largage.
Le reste de l’équipement non-MDE englobe une large gamme d’éléments : mises à jour avioniques, modifications du programme opérationnel de vol, systèmes de communication sécurisés, dispositifs d’identification ami/ennemi (IFF), accessoires cryptographiques, systèmes de planification de mission, équipements de test, pièces détachées, outils de formation, simulateurs, documentations, ainsi que l’assistance technique et logistique des entrepreneurs, selon la notification officielle.
Selon la justification politique exposée par l’administration, ces améliorations aideront le Pakistan à moderniser sa flotte de F-16 Block-52 et Mid-Life Upgrade, tout en assurant la compatibilité avec les forces américaines et celles des partenaires.
« Cette vente proposée soutiendra la politique étrangère et les objectifs de sécurité nationale des États-Unis en permettant au Pakistan de maintenir son interopérabilité avec les forces américaines et partenaires dans le cadre des efforts continus de lutte contre le terrorisme », précise le communiqué.
Il est également souligné que la rénovation « prolongera la durée de vie des appareils jusqu’en 2040 tout en traitant des problèmes critiques de sécurité de vol ».
La notification insiste en outre sur le fait que la vente « ne modifiera pas l’équilibre militaire fondamental dans la région », une formulation destinée à répondre aux préoccupations anciennes de l’Inde quant au soutien américain à la défense pakistanaise.
Lockheed Martin, basé à Fort Worth au Texas, est désigné comme entrepreneur principal. Le gouvernement américain indique qu’il ne prévoit pas d’envoyer du personnel supplémentaire au Pakistan pour la mise en œuvre du programme et n’anticipe aucun impact sur sa propre préparation militaire.
Le Congrès dispose désormais de 30 jours pour examiner cette vente proposée. Bien que les transferts d’armes vers le Pakistan suscitent souvent un examen bipartisan rigoureux, les notifications similaires intervenues ces dernières années ont généralement abouti sans résolution formelle de désapprobation.