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Lors d’un débat au sein de la Chambre des Lords, un ancien First Sea Lord a tiré la sonnette d’alarme sur l’état préoccupant de la flotte de sous-marins d’attaque de la Royal Navy, qualifiant la situation de « pire état de mes 60 années de service ».

Le 8 décembre, au cours d’une séance consacrée à la Force sous-marine royale, plusieurs membres de la chambre ont interpellé les ministres sur les retards, les pénuries et les défaillances de maintenance qui compromettent la capacité opérationnelle de la flotte et sa résilience dans le maintien de la dissuasion nucléaire.

Lord West of Spithead a dressé un bilan sévère en pointant du doigt des années de sous-investissement dans les cales sèches, les pièces de rechange, la capacité technique et le recrutement. Selon lui, la Royal Navy parvient souvent à déployer un seul sous-marin d’attaque à la fois, voire aucun selon les périodes. « C’est terrifiant pour une nation maritime de notre envergure. »

Il s’est également inquiété de la pression croissante sur la dissuasion nucléaire permanente en mer. « Actuellement, les sous-marins réalisent des patrouilles de 200 jours, sans possibilité de repli en cas d’incident. Nous l’avons maintenue par un effort remarquable, mais vraiment, nous ne devrions pas être dans une telle situation. »

En réponse, le ministre de la Défense, Lord Coaker, a reconnu l’existence de ces difficultés tout en soulignant qu’elles étaient traitées dans le cadre d’un plan d’action accéléré de 100 jours initié par le First Sea Lord pour stabiliser les secteurs critiques de la Marine. Il a mis en avant les importants programmes d’investissement déjà lancés. « Des programmes financent désormais les infrastructures de Devonport et Faslane, » a-t-il précisé, citant le budget de 31 milliards de livres du programme Dreadnought et la réserve de 10 milliards allouée pour les imprévus.

Coaker a aussi confirmé le renforcement du vivier d’ingénieurs chargés de l’entretien de la flotte sous-marine. « Nous avons commencé à recruter davantage de ces spécialistes, » a-t-il assuré, ajoutant que le recrutement et la fidélisation des sous-mariniers s’étaient améliorés.

Interrogé par Lord Wallace of Saltaire sur les causes profondes du retard dans la maintenance, le ministre a reconnu que les lacunes infrastructurelles jouaient un rôle majeur. Il a indiqué que la Royal Navy envisageait d’utiliser des cales sèches flottantes comme solution temporaire plus rapide le temps que les investissements à long terme portent leurs fruits. « C’est une option qui pourrait être mise en œuvre beaucoup plus vite, » a-t-il déclaré, tout en rappelant que des financements conséquents étaient déjà alloués aux installations permanentes de Devonport et Faslane.

Lord Coaker a aussi souligné que la pénurie nationale de techniciens spécialisés et d’ingénieurs reste un problème récurrent, que les gouvernements successifs peinent à résoudre. « Trouver les techniciens, ingénieurs et compétences clés nécessaires est un défi qui afflige notre pays depuis des décennies, » a-t-il expliqué, appelant à un meilleur soutien de la formation professionnelle pour garantir un effectif suffisant.

Le ministre a enfin salué l’engagement des sous-mariniers qui maintiennent sans interruption l’opération Relentless depuis 56 ans. Il a néanmoins reconnu la nécessité de renforcer la flotte face à l’intensification des menaces sous-marines. « Le First Sea Lord a annoncé de nouvelles mesures destinées à protéger l’environnement sous-marin contre les menaces émergentes dans ce domaine. »