La United States Air Force a réceptionné son premier T-7A Red Hawk sur la base conjointe San Antonio Randolph, marquant le début d’une nouvelle ère dans la formation des pilotes pour le Commandement de l’éducation et de l’entraînement aérien (AETC). L’appareil est arrivé le 6 décembre au 12e Escadron de l’entraînement en vol, avec pour objectif de préparer les pilotes aux exigences opérationnelles futures.
« La livraison de cet avion constitue la première preuve concrète des avancées du programme », a déclaré le général de brigade Matthew Leard, directeur des Plans, Programmes, Exigences et Affaires internationales au sein de l’AETC. Le T-7A est destiné à remplacer le vieillissant T-38 Talon, en service depuis plus de soixante ans.
Baptisé en hommage aux aviateurs de Tuskegee, le « Red Hawk » sera affecté au 99e Escadron d’entraînement en vol, connu sous le nom de « Red Tails », et intégré progressivement au programme de formation sur plusieurs années. Le lieutenant-colonel Michael Trott, commandant du 99e Escadron, a souligné : « Nous avons pour ambition de poursuivre l’héritage en brisant les barrières et en défiant les idées reçues, grâce aux capacités avancées du système de formation T-7. Le 99e redéfinira la formation des pilotes et façonnera l’avenir de l’entraînement des futures générations de combattants américains. »
Le général Leard a expliqué que la maintenance du T-38 devient de plus en plus coûteuse et qu’il est désormais décalé par rapport aux standards des plateformes actuelles et futures. « La durée de vie du T-38 a été prolongée à plusieurs reprises, mais le coût d’entretien et de maintien en vol augmente considérablement. Par ailleurs, il n’est plus en adéquation avec les avions modernes et ceux à venir ».
Pour l’AETC, l’arrivée du T-7A représente une rupture majeure dans la méthodologie de formation des pilotes. Le général de division Gregory Kreuder, commandant de la 19e Force aérienne, a déclaré : « Dès le premier jour, les élèves pilotes apprendront non seulement à piloter, mais aussi à gérer l’information, interpréter les données issues de capteurs avancés, et prendre des décisions cruciales dans un environnement complexe, directement depuis l’avion. »
« Cet appareil réduit le fossé entre l’entraînement initial et les réalités du combat de cinquième génération, formant des combattants plus compétents et intuitifs dès leurs débuts ».
Le général Leard compare ce saut technologique à l’évolution des téléphones mobiles, passant d’appareils basiques à des plateformes modernes basées sur le logiciel. « Le T-7 est une plateforme ouverte, conçue pour s’adapter aux futures évolutions technologiques ». </strongL’avion repose sur une architecture ouverte, permettant des mises à jour constantes, et son système de commandes de vol électriques (fly-by-wire) offre aux instructeurs la possibilité d’adapter la maniabilité selon les étapes de l’entraînement.
Le général Kreuder souligne la nécessité d’une refonte complète du programme de formation, afin d’exploiter pleinement les capacités du T-7. « Nous utiliserons cet appareil dans des scénarios complexes et multidomaines, impossibles à reproduire avec les anciens avions de formation. Le défi est d’adapter notre syllabus pour tirer parti de ces nouvelles possibilités. Nous ne devons pas transposer un modèle d’entraînement dépassé sur une technologie moderne ».
« Nous élaborons actuellement un nouveau curriculum, centré sur des parcours individualisés et basés sur l’analyse de données ».
Kreuder met aussi en avant la transition des compétences traditionnelles de pilotage vers des aptitudes cognitives avancées. « Le T-38 a formé d’excellents pilotes sur le plan manuel, mais il n’est plus adapté à la préparation des pilotes aux plateformes aériennes contemporaines et futures ». Leard ajoute que les compétences apprises sur le T-38 ne correspondent plus aux cockpits numériques modernes, ce qui entraîne des phases de remise à niveau pour les diplômés dans les unités opérationnelles.
Le T-7A est conçu pour développer la capacité des pilotes à prendre rapidement des décisions et à gérer des systèmes complexes. Ils deviendront des problèmes solveurs tactiques capables de s’adapter à un environnement riche en données, en intégrant la fusion de capteurs et en traitant de vastes informations pour appuyer leurs décisions », explique Kreuder.
Leard précise : « Le T-7 met l’accent sur la présentation et le traitement de grandes quantités d’information, ce qui est fondamental face aux défis des avions de cinquième et sixième générations ».
L’appareil sera intégré dans un système d’entraînement terrestre (Ground-Based Training System) comprenant une capacité de Construction Virtuelle en Direct (Live, Virtual, Constructive – LVC). Cette technologie connecte simulators et avions en temps réel sur un même scénario, permettant de réduire le nombre d’heures de vol nécessaires tout en maintenant un haut niveau de compétence.
Leard souligne que le système LVC offre une flexibilité durable, que l’on peut comparer à celle du matériel informatique augmentée par des mises à jour logicielles régulières.
Le général Kreuder ajoute que des investissements sont réalisés dans la formation des instructeurs et dans l’infrastructure numérique. « Nous construisons les bases techniques et formons nos aviateurs, qu’ils soient pilotes ou personnels de maintenance, pour qu’ils innovent et façonnent l’avenir de la formation afin de garantir la supériorité de nos combattants pour les combats à venir ».
Le programme T-7A prévoit la livraison de 351 appareils accompagnés de 46 simulateurs et systèmes associés. Il inclut également un remplacement progressif du T-6 Texan. Les essais se poursuivent à la base aérienne d’Edwards tandis que le 99e Escadron développe les capacités de maintenance et initie la formation de type 1.
Leard indique que la formation initiale débutera au fur et à mesure de la maturation de l’appareil, avec une mise en parallèle du programme de formation classique et du nouveau système.
La capacité opérationnelle initiale est prévue pour août 2027, avec quatorze avions assignés au 99e Escadron. La Force aérienne américaine espère réceptionner entre quarante et soixante avions par an dès 2033 pour achever les acquisitions vers 2035-2036. Le T-38 restera en service jusqu’à la complète transition vers le T-7.
Les livraisons seront étalées à la Base aérienne pendant les exercices 2027 à 2035.