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La Turquie aurait proposé son drone de combat autonome furtif ANKA-3 au Pakistan, accompagnant cette offre d’un projet d’implantation d’une ligne de production locale à condition qu’Islamabad s’engage à acquérir au moins 100 unités. Ce développement, s’il se concrétise, pourrait marquer un tournant notable dans la doctrine aérienne pakistanaise, qui s’orienterait davantage vers des plateformes autonomes et à faible détection, notamment à la suite des enseignements tirés de l’opération Sindoor.

Après cette opération, où l’Indian Air Force (IAF) aurait obtenu un score de 11–0 dans des frappes contre des bases aériennes pakistanaises, plusieurs experts pakistanais ont appelé la Pakistan Air Force (PAF) à renforcer son recours aux systèmes sans pilote.

L’opération a révélé de graves failles dans la capacité de la PAF à défendre efficacement ses bases et à mener des frappes de riposte sans subir de lourdes pertes. Les avions pilotés, tels que les JF-17 et F-16, se sont heurtés à la supériorité aérienne indienne, à la domination dans le domaine de la guerre électronique, ainsi qu’à la menace représentée par les systèmes de défense aérienne S-400 et Barak-8.

Face à ces contraintes, l’ANKA-3 est perçu par de nombreux milieux militaires pakistanais comme un atout potentiellement décisif : un drone de combat autonome à la fois peu coûteux, doté d’une grande endurance et d’une faible empreinte radar, apte à évoluer dans un espace aérien fortement contesté sans mettre en danger de pilotes.

Développé par Turkish Aerospace Industries (TAI), l’ANKA-3 marque une avancée significative dans l’évolution des drones turcs. Son architecture en « flying wing », proche de celle du bombardier furtif américain B-2 Spirit ou du drone RQ-180, est optimisée pour réduire la section radar et favoriser les opérations furtives.

Ce drone autonome est conçu pour des missions de frappes profondes, de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD) et de guerre électronique. La production locale au Pakistan permettrait à la PAF de déployer un grand nombre d’ANKA-3 sur ses fronts ouest et est.

Sur le papier, une flotte significative de drones furtifs pourrait perturber le dispositif de défense aérienne indien, surtout si elle utilise des tactiques d’attaque en essaim ou des opérations de diversion combinées à des plateformes pilotées. Avec des bases avancées de l’IAF situées à portée de l’espace pakistanais, une frappe coordonnée pourrait servir à sonder, distraire ou saturer les réseaux radar et les batteries de missiles sol-air indiennes.

Cependant, malgré sa furtivité, l’ANKA-3 est un drone subsonique qui ne dispose pas de la fusion sensorielle sophistiquée ni de l’autonomie pilotée par intelligence artificielle que l’on trouve sur certains UCAV occidentaux. Le système intégré de commandement aérien indien (IACCS), associé à un réseau de radars, AWACS et intercepteurs longue portée tels que les Su-30MKI équipés de missiles Astra ou les Rafale F3R, serait à même de détecter et neutraliser ces drones avant leur arrivée sur des cibles critiques.

Par ailleurs, les développements nationaux indiens comme le drone de combat Ghatak, le démonstrateur SWiFT et les munitions à poursuite autonome (loitering munitions) progressent rapidement. Ces projets offriront à l’IAF sa propre capacité de frappe furtive autonome, ce qui neutraliserait l’avantage temporaire que le Pakistan pourrait retirer de l’ANKA-3.

Si l’offre turque apparaît ambitieuse, elle traduit une volonté stratégique de combler le déficit capacitaire mis au jour lors de l’opération Sindoor. Si ce projet aboutissait, il pousserait l’Inde à accélérer le développement de son écosystème de frappes autonomes. Toutefois, la supériorité en matière de couverture radar, de guerre électronique et d’expérience de combat aérien de l’IAF suggère que ces drones seraient confrontés à une résistance importante.

En résumé, l’ANKA-3 pourrait apporter un regain de confiance au Pakistan, mais pour qu’il devienne un outil de dissuasion crédible face à l’IAF, il faudra bien plus que de la technologie : cela nécessitera une discipline opérationnelle, des capacités de guerre en réseau et une structure de commandement durable, des éléments encore insuffisants au sein de la PAF.