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Douze boursiers du programme LEAP ont joué un rôle essentiel lors de l’exercice multinational Southern Star 2025 au Chili, facilitant la communication entre les forces américaines, six nations participantes et dix observateurs.

Southern Star 2025, tenu sur deux semaines, a rassemblé plus de 2 700 militaires dans une simulation complexe d’une mission de stabilisation autorisée par l’ONU. Cette grande manœuvre multinationale coorganisée par le commandement des opérations spéciales sud-américaines (SOCSOUTH) et le Chili s’est étendue sur 3 700 kilomètres, de la zone désertique d’Antofagasta jusqu’à la région subantarctique de Punta Arenas.

L’exercice a intégré des scénarios variés comprenant la navigation amphibie, le combat urbain, l’évacuation de non-combattants, le contrôle maritime et aérien, ainsi que des entraînements de tir de précision en conditions réelles.

À leur arrivée, les boursiers LEAP ont endossé diverses responsabilités essentielles. Le 1er lieutenant Dalismarie Guzman-Velez, responsable adjoint pour les ressources au 937 Training Support Squadron, a notamment servi de traductrice simultanée, assurant la liaison linguistique entre les officiers américains, une quarantaine d’élèves officiers chiliens et la cellule Planification et Opérations Futures à Rancagua, le quartier général de l’exercice.

“J’ai facilité la communication en temps réel entre le lieutenant-colonel Timothy Moore de l’Army J35 et les élèves chiliens. J’ai traduit des briefings pour plus de 10 généraux et près de 40 officiers de haut rang civils et militaires le dernier jour. J’ai également contribué à la coordination de 45 missions conjointes en interprétant lors des réunions de planification, les briefings de concepts opérationnels (CONOPS) et les échanges au niveau exécutif. J’ai produit plus de 80 pages de documents opérationnels, allant des ordres d’opération aux bulletins de renseignement, outils visuels et évaluations,” a-t-elle expliqué.

Le sergent-chef Martin H. Hermosillo, expert en aviation des forces spéciales au 524 Special Operations Squadron, a lui aussi apporté son expertise. “Au-delà de la traduction, j’ai pu optimiser de nombreux processus grâce à ma connaissance approfondie de l’aviation SOF, ce qui a accéléré les efforts au sein du composant aérien des opérations spéciales combinées à la base aérienne de Rancagua.”

Cette diversité nationale et interarmes a enrichi la mission. Hermosillo souligne “l’ouverture d’esprit et la volonté d’apprendre des autres forces ont rendu fluide la coopération malgré la complexité et les aléas inhérents à tout exercice de cette ampleur.”

Le sergent-major Pedro Estrada du 502 Communications Squadron a quant à lui travaillé aux côtés des forces spéciales chiliennes, des MARSOC, des unités US Air Force Special Tactics et des agences civiles chiliennes. Il met en avant “l’importance capitale d’une communication claire, basée sur la confiance et la connaissance culturelle, dans ces environnements multinationaux à haute intensité. Chaque organisation apportait une perspective unique, et le respect mutuel était un facteur clé du succès opérationnel.”

Les boursiers LEAP ont ainsi apporté bien plus que la maîtrise linguistique : ils ont joué un rôle de véritables « multiplicateurs de force » en facilitant la diplomatie, en assurant la fluidité logistique et en permettant des prises de décision stratégiques en temps réel.

Le soutien à la communication a été crucial dans un exercice aussi complexe, comme l’a souligné le sergent Vanesa Wagner, recruteuse à la base Randolph AFB : “Les nombreux acteurs et les enjeux multiples rendent tout particulièrement indispensable la traduction précise des messages.”

En plus d’apporter leurs compétences linguistiques, cette expérience a permis aux LEAP Scholars de renforcer leurs connaissances opérationnelles. Guzman-Velez témoigne de son immersion dans la planification des opérations, la collecte de renseignement et l’allocation efficace des ressources, une expérience précieuse pour sa carrière militaire.

Estrada résume l’apport du programme : “LEAP ne se limite pas à traduire des mots ; c’est une capacité à construire des ponts, à comprendre les dynamiques interculturelles et à gérer des situations sensibles dans des contextes stratégiques en évolution permanente. Le langage est un véritable levier de pouvoir dans les opérations conjointes.”

Le programme LEAP, piloté par l’Air Force Culture and Language Center (AFCLC), prépare intensivement ces militaires à travers des immersions linguistiques, des cours et l’accompagnement par des mentors. Cette préparation rigoureuse explique la capacité des boursiers à opérer efficacement dans des environnements multilingues et multiculturels exigeants.

Guzman-Velez rappelle notamment sa formation dans le cadre du Defense Critical Language Program à l’Université du Montana, qui lui a donné une compréhension approfondie des dimensions socio-politiques et économiques latino-américaines, tout en renforçant son recrutement. Cette base a grandement contribué à sa préparation pour Southern Star.

Le capitaine Joshua Taylor, officier du renseignement avec la 9th Air Support Operations Squadron, souligne par ailleurs l’importance de maîtriser le jargon technique joint en anglais et en espagnol, indispensable pour la coordination avec les Navy SEALs et autres forces spécialisées.

Le rôle des boursiers LEAP est ainsi reconnu au plus haut niveau. Le capitaine Anton Klokun, chef des opérations plans J13 à SOCSOUTH, insiste sur leur contribution stratégique : “Ils ont assuré la traduction en temps réel au sein du quartier général des forces spéciales combinées, facilitant la coordination opérationnelle entre les États-Unis et le Chili dans cinq unités réparties sur 3 700 kilomètres.”