Le Bundestag a adopté la réforme du service militaire volontaire et les conditions permettant une possible réintroduction de la conscription. Soutenu par une quasi-unanimité des coalitions de l’Union et du SPD, le parlement a validé ce paquet législatif, modifié à l’issue de négociations internes, qui inclut notamment des objectifs précis pour l’effectif des forces armées dans les années à venir.
Lors du vote nominal de ce vendredi, 323 députés se sont exprimés en faveur du texte, un nombre supérieur à celui enregistré pour le vote ultérieur du controversé paquet sur les retraites.
Au sein des deux groupes majoritaires, seuls un député SPD, Jan Dieren, a voté contre. Les partis d’opposition AfD, Verts et La Gauche ont rejeté la réforme, chacun pour des raisons propres. Le Bundesrat doit se prononcer le 19 décembre prochain. Ce n’est qu’après son approbation que la loi pourra entrer en vigueur comme prévu au 1er janvier de l’année prochaine.
La Loi de modernisation du service militaire prévoit essentiellement qu’à partir du début de l’année prochaine, tous les jeunes Allemands de 18 ans recevront un questionnaire destiné à recueillir leur disposition au service militaire, leur condition physique et leur formation. Les hommes sont dans l’obligation de remplir ce questionnaire, tandis que les femmes peuvent le faire sur une base volontaire. Dès 2026, les hommes seront convoqués pour une visite médicale obligatoire. Le service dans la Bundeswehr restera, dans un premier temps, volontaire. La conscription, uniquement masculine, ne serait rétablie que si la croissance programmée des effectifs reste insuffisante.
Le ministère de la Défense a détaillé les principaux aspects de cette réforme :
« Tirant parti de la situation sécuritaire actuelle et des plans de l’OTAN pour la défense de l’alliance, la Bundeswehr doit croître en effectifs, tant pour la troupe active que pour la réserve. La loi adoptée aujourd’hui renforcera la capacité opérationnelle des forces armées. Tous les nouveaux engagés dans le service militaire feront partie de la troupe active ou, à l’issue de leur service, intégreront la réserve.
La décision personnelle de s’engager dans le Nouveau Service Militaire repose entièrement sur le principe du volontariat. Il n’existe actuellement aucun mécanisme automatique ni procédure aléatoire pour imposer une part obligatoire. Nous comptons convaincre par un ensemble attractif et porteur de sens.
Nous misons sur une formation moderne et équivalente. Dès cet été, nous avons adapté nos structures et intégré de nouveaux contenus pédagogiques. Servir son pays sera intéressant, valorisant et attrayant, avec notamment une rémunération juste et reconnue. Pour une durée d’engagement de six à onze mois, la rémunération initiale des volontaires (FWDL) s’élève à environ 2 600 euros brut. Ceux qui s’engagent plus longtemps en tant que soldats contractuels (SaZ) percevront davantage. Par ailleurs, des facteurs d’attractivité non monétaires, tels que des formations personnalisées (par exemple des cours de langues) ou la maîtrise de technologies de pointe, seront proposés.
L’introduction d’un système moderne d’enregistrement et de surveillance des réservistes est un élément central de cette loi. En cas de crise, il est essentiel de savoir qui est disponible en vertu de la conscription en cas de mobilisation, où il réside, et quelles qualifications particulières il possède, notamment issues de services antérieurs. L’enregistrement sera réalisé par un questionnaire en ligne adressé à tous les jeunes Allemands âgés de 18 ans résidant en Allemagne. Les hommes devront obligatoirement le remplir, tandis que femmes et personnes d’autres genres pourront le faire volontairement. La mise en œuvre débute avec la génération 2008. Les données seront ensuite régulièrement mises à jour tout au long de la vie militaire.
Un autre volet important est la « visite médicale de recrutement », destinée à évaluer l’aptitude au service et les possibilités d’affectation. Cette visite inclut un questionnaire médical préalable concernant maladies, symptômes et antécédents, similaire à une consultation chez un médecin. Des aspects liés à la personnalité seront également évalués. La visite sera conçue pour être réalisée en une journée, avec un résultat définitif.
Dans un premier temps, seuls seront examinés médicalement ceux qui auront exprimé leur volonté de servir et qui apparaissent aptes après analyse des questionnaires. La capacité d’examen sera progressivement étendue à d’autres membres de la génération 2008, puis à celle de 2009. À partir de mi-2027, les centres d’examen nécessaires seront pleinement opérationnels, avec une couverture nationale assurée par 24 centres d’examen. L’objectif est de mettre en place des structures modernes ; la localisation précise de ces centres reste à définir.
Par ailleurs, une nouveauté du processus parlementaire est l’inscription, dans la loi, d’objectifs chiffrés pour la montée en puissance des effectifs totaux de la Bundeswehr jusqu’en 2035, incluant les soldats actifs et les réservistes. Tous les six mois, un rapport sera soumis au Bundestag pour suivre ces évolutions. Si les objectifs ne sont pas respectés ou si la situation sécuritaire l’exige, le Bundestag pourra adopter de nouvelles mesures législatives afin d’assurer la capacité opérationnelle des forces armées.
Enfin, il est important de souligner que le service volontaire dans les forces armées est mis au même niveau que d’autres services civiques, comme le service fédéral volontaire ou l’année sociale volontaire. Le courrier accompagnant le questionnaire ainsi que les réponses numériques indiqueront les différentes options de services volontaires disponibles.»
(Photo d’archives, septembre 2025 : Des soldats réunis au Convoy Support Center temporaire du camp d’entraînement d’Oberlausitz à Weisskeissel – Florian Gaertner/photothek.de)