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Dans une réorganisation majeure de la répartition de ses zones d’opérations, l’Armée de Terre américaine a annoncé vendredi l’activation du Commandement de l’Hémisphère Occidental, regroupant trois commandements sous l’autorité d’un général quatre étoiles.

Le général Joseph Ryan sera le premier commandant du nouveau Commandement de l’Hémisphère Occidental de l’Armée (USAWHC). Il prendra ses fonctions après avoir exercé comme Chef d’état-major adjoint pour les opérations, plans et entraînements au Pentagone.

Le USAWHC aura pour missions la défense du territoire américain ainsi que le soutien aux opérations humanitaires et de secours en cas de catastrophes naturelles telles que les incendies de forêt ou les ouragans, tant sur le sol continental des États-Unis que chez leurs voisins et en Amérique du Sud.

« Cette réforme modernise la structure de commandement de l’Armée, réduit les charges administratives, élimine les doublons et place davantage de soldats dans des formations opérationnelles où ils peuvent directement contribuer à la préparation au combat. Elle repose sur l’évaluation des menaces, la stratégie et la nécessité de prioriser la défense du territoire national », a déclaré le colonel Mike Burns, porte-parole du USAWHC.

Ce nouveau commandement fusionne sous une même entité Army North, Army South et le Forces Command. Army North est responsable des forces déployées sur le territoire des États-Unis et en Amérique du Nord pour la défense du territoire national. Army South est le composant dédié aux opérations en Amérique du Sud. Forces Command supervise la préparation opérationnelle des forces déployables de l’Armée de Terre.

Le quartier général quatre étoiles du USAWHC sera basé à Fort Bragg en Caroline du Nord, lieu d’implantation du Forces Command. Un poste de commandement avancé sera également établi à la Base conjointe de San Antonio (JBSA), au Texas, axé sur les déploiements rapides en cas de catastrophes naturelles ou pour les missions humanitaires.

« Imaginez pouvoir intervenir immédiatement lorsqu’une urgence survient, afin de soutenir rapidement les équipes déployées sur le terrain », a ajouté le colonel Burns.

Les autorités militaires n’ont pas communiqué le nombre exact de soldats qui seront assignés à Fort Bragg ou à JBSA sous le nouveau commandement, ni l’effectif total couvert par la structure USAWHC.

Le nouveau commandement aura aussi pour mission de coordonner les exercices annuels comme PANAMAX, un entraînement multinational mené par les États-Unis avec la participation de pays tels que le Brésil, la Colombie, l’Équateur, le Honduras, la Jamaïque et le Mexique, ainsi que l’exercice Vigilant Shield organisé chaque année sur le sol américain, où les troupes simulent des attaques contre le territoire national.

Les responsables de l’Armée prévoient que le nouveau Commandement de l’Hémisphère Occidental atteindra une pleine capacité opérationnelle d’ici juin 2026, avec la mise en veille et la dissolution officielle des trois commandements fusionnés peu de temps après. Les commandants actuels des trois entités resteront en fonction jusque-là.

Le personnel militaire et civil qui sera réaffecté à Fort Bragg dans le cadre de cette restructuration devrait déménager avant septembre 2027, selon le colonel Burns.

« Ce commandement unifié place un seul responsable à la tête de tout l’Hémisphère Occidental du point de vue de l’Armée. Quand on regarde la carte, la question du rattachement du Mexique — au Northern Command ou au Southern Command — est confuse pour beaucoup. Et qu’en est-il de l’Amérique Centrale ? De même, tout ce qui va du Brésil au Canada est compartimenté. »

Un commandement en phase avec les objectifs de la nouvelle Stratégie Nationale de Défense

L’activation vendredi de ce nouveau commandement coïncide avec la publication de la nouvelle Stratégie Nationale de Défense par l’administration Trump, qui appelle les États-Unis à « restaurer leur prépondérance en Amérique » et à « réaffirmer et faire respecter la Doctrine Monroe ». Cette dernière, annoncée en 1823 par le président James Monroe, avertissait les puissances impériales européennes de ne pas s’immiscer dans la zone correspondant aujourd’hui à l’Amérique latine.

La Doctrine Monroe a depuis constitué un pilier de la politique étrangère américaine, en permettant à Washington d’étendre son influence et de développer ses partenariats commerciaux dans la région.

Ce nouveau commandement intervient aussi alors que les États-Unis ont engagé un important virage militaire vers l’Amérique du Sud, avec des milliers de soldats déployés à la frontière avec le Mexique, un renforcement massif des forces navales et des Marines dans la Caraïbe, ainsi que des frappes menées par le Pentagone contre des embarcations de pêche soupçonnées de participer aux opérations des cartels de la drogue.

Le colonel Burns a souligné que le nouveau commandement « n’est pas fondé sur l’attente de déploiements rapides supplémentaires dans la région », insistant sur une approche fondée sur la préparation et la coordination plutôt que sur une montée en puissance imminente.