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Une attaque menée par un groupe pro-Palestinien a endommagé les moteurs de deux avions ravitailleurs RAF Voyager, réduisant leur durée de vie opérationnelle et contraignant la Royal Air Force à avancer des opérations de maintenance majeures sur cet élément clé de sa flotte stratégique de mobilité aérienne.

En réponse aux questions du député conservateur James Cartlidge, le ministre britannique de la Défense, Luke Pollard, a confirmé que les deux moteurs affectés lors de l’incident de juin ont été réparés et remis en service. Il a précisé que « bien que les moteurs endommagés le 20 juin 2025 aient été inspectés et réintégrés, leur durée de vie restante autorisée est réduite, ce qui nécessitera une révision importante dans les deux prochaines années ».

Le ministre a également indiqué que le ministère de la Défense ne peut pas encore évaluer le coût financier de ces réparations, expliquant : « l’impact financier de cet incident ne sera connu qu’une fois la révision complète terminée, lorsqu’il sera établi quelles pièces devront être remplacées ».

Le ministère n’a pas précisé que la disponibilité de la flotte Voyager avait formellement diminué, mais l’obligation d’accélérer la maintenance lourde exerce une pression supplémentaire sur une flotte stratégique déjà limitée. La RAF exploite seulement quatorze Voyager pour assurer simultanément des missions variées, allant du ravitaillement en vol des avions de chasse aux transports longue distance de personnel et d’équipement. Toute réduction imprévue de la durée de vie des moteurs complique la planification à long terme de la disponibilité et augmente les coûts opérationnels.

James Cartlidge a également interrogé sur d’éventuelles poursuites judiciaires contre les responsables de l’attaque. Luke Pollard a rappelé que les décisions en matière de poursuites relèvent des autorités civiles, déclarant : « c’est à l’autorité enquêtant sur l’affaire de décider d’éventuelles charges ».

Contexte des revendications du groupe de protestation

Le groupe Palestine Action avait auparavant affirmé que la base RAF Brize Norton soutenait des opérations militaires israéliennes, justifiant ainsi son ciblage des ravitailleurs Voyager. Selon eux, les avions de la RAF permettraient le ravitaillement en vol des chasseurs israéliens, présentant cet acte de sabotage comme une tentative de perturber ces opérations.

La RAF utilise les ravitailleurs Voyager KC2 et KC3 équipés du système dit « sonde et cornet ». Ce procédé consiste en un tuyau flexible terminant par un panier appelé « cornet », tandis que l’avion receveur est équipé d’une sonde qui se connecte au cornet. Ce système est utilisé par des avions comme le Typhoon ou le F35B, au sein du Royaume-Uni et de l’OTAN.

De leur côté, les chasseurs israéliens F15 et F16 utilisent la méthode dite du « Flying Boom », un système fondamentalement différent. Il repose sur un bras rigide et orientable déployé depuis le ravitailleur vers une prise spécifique sur l’appareil receveur. Israël emploie à cet effet des ravitailleurs convertis à partir de Boeing 707 ou des KC46 équipés de ce système « Flying Boom ». Ces avions ne peuvent en aucun cas être ravitaillés par les Voyager britanniques.

La justification avancée pour cet acte de sabotage reposait donc sur une allégation techniquement infondée. Ce décalage est désormais au cœur du débat politique sur les méthodes utilisées par ce groupe. L’action a causé un préjudice matériel à des actifs critiques de la mobilité aérienne et a réduit la durée de vie des moteurs de deux avions de la RAF, sur la base d’un prétexte dépourvu de toute validité technique.