Le Royaume-Uni et la Norvège ont décidé d’intensifier leurs opérations conjointes dans l’Atlantique Nord, en réponse à une augmentation de 30 % de l’activité navale russe près des eaux britanniques au cours des deux dernières années, selon le UK Defence Journal.
Cette annonce a été faite lors de la visite du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre à la base aérienne RAF Lossiemouth, où les deux dirigeants ont rencontré les équipages de patrouille maritime chargés de suivre les navires russes, comme le navire de renseignement Yantar.
Selon le gouvernement britannique, le cœur de l’Accord de Lunna House repose sur une coopération renforcée autour des futures frégates de lutte anti-sous-marine Type 26, conçues au Royaume-Uni et exploitées par les deux marines. Ce partenariat vise à constituer une force pleinement interopérable, capable de surveiller les déplacements des sous-marins russes et de protéger les infrastructures sous-marines stratégiques, notamment les pipelines et les câbles de données.
Le Premier ministre Keir Starmer a souligné que cette montée de l’activité russe mettait en lumière la nécessité d’une collaboration accrue : « En cette période d’instabilité mondiale profonde, alors que de plus en plus de navires russes sont détectés dans nos eaux, nous devons travailler avec nos partenaires internationaux pour assurer la sécurité nationale. Cet accord historique avec la Norvège renforce notre capacité à protéger nos frontières et les infrastructures critiques dont nos nations dépendent. »
Ce rapprochement suit l’accord signé en septembre, par lequel la Norvège a commandé au moins cinq frégates Type 26, rejoignant ainsi le programme britannique de huit navires. Le gouvernement britannique présente ce contrat comme la plus importante exportation de navires de guerre britanniques à ce jour, soutenant plus de 4 000 emplois.
Le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a qualifié cette initiative de composante d’un renforcement plus large de la sécurité dans la région nordique : « Dans cette nouvelle ère de menaces et face à l’augmentation de l’activité russe dans l’Atlantique Nord, notre force repose sur la puissance militaire et des alliances solides. »
Il a rappelé que « depuis plus de 75 ans, le Royaume-Uni et la Norvège sont côte à côte sur le flanc nord de l’OTAN » et a précisé que le nouveau cadre permettra aux deux forces « de patrouiller ensemble dans l’Atlantique Nord, de s’entraîner conjointement en Arctique et de développer les équipements avancés qui assureront la sécurité de nos citoyens. »
Au-delà de la coopération autour des navires de surface, cet accord étend aussi les liens industriels et technologiques. Le Royaume-Uni participera au programme norvégien de développement de navires de soutien offshore, destinés à servir de bases mobiles pour des systèmes autonomes de chasse aux mines et de guerre sous-marine.
Le gouvernement britannique indique que cette collaboration accélérera la transition vers des capacités autonomes dans le Grand Nord, une zone identifiée par l’OTAN comme exposée à une activité sous-marine russe croissante.
Parmi les autres mesures figurent des entraînements toute l’année des Royal Marines aux conditions extrêmes en Norvège, une coopération renforcée autour des torpilles Sting Ray, l’adoption par la Royal Navy des missiles de frappe navals norvégiens ainsi que des exercices de simulation communs visant à harmoniser la planification opérationnelle.