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Une photo prise à Ceiba, Porto Rico, montre un AV-8B Harrier II du Corps des Marines américain en opération à proximité d’un Hercules AC-130, illustrant une présence conjointe d’avions d’attaque et d’unités spéciales près du Venezuela. Associée à des images précédentes d’un AC-130J Ghostrider équipé de missiles Hellfire, cette implantation témoigne d’une présence américaine soutenue et lourdement armée dans le sud des Caraïbes.

Cette nouvelle preuve visuelle, largement diffusée sur les réseaux sociaux, confirme que la base réactivée héberge désormais à la fois des avions d’attaque des Marines et des hélicoptères de combat des forces spéciales, opérant dans un même théâtre proche du Venezuela.

Selon le Groupe de Reconnaissance de l’armée américaine, déjà en octobre 2025, la présence d’un AC-130J Ghostrider à Porto Rico était documentée, arborant des missiles AGM-114 Hellfire fixés sous les ailes, une configuration atypique pour cette zone d’opérations. La détection d’octobre et l’image du 2 décembre s’inscrivent dans une continuité claire : les États-Unis maintiennent une présence aérienne armée, déployée sur un sol national mais à portée rapide des espaces aériens et maritimes vénézuéliens.

L’AC-130J Ghostrider représente la dernière évolution de la longue lignée des canonniers américains. Basé sur la structure du C-130J, il est équipé du Paquet d’Attaque de Précision, intégrant des consoles de mission avancées, des capteurs électro-optiques et infrarouges, ainsi que des liaisons de données sécurisées commandant des armes latérales. D’après l’US Air Force, ce modèle est destiné au soutien aérien rapproché, à l’interdiction aérienne et au renseignement armé, capable d’offrir un appui-feu efficace à basse et moyenne altitude.

Son armement standard comprend un canon GAU-23/A de 30 mm et un obusier de 105 mm logés sur le flanc gauche du fuselage, complété par des munitions guidées de précision installées sur des points d’emport sous les ailes ou dans des lanceurs communs. Outre des bombes guidées telles que les GBU-39 et GBU-69, et des missiles légers comme l’AGM-176 Griffin, l’AC-130J est certifié pour l’emploi des missiles AGM-114 Hellfire, offrant à son équipage une option de frappe à vue contre des cibles mobiles ou sensibles au facteur temps.

Le choix de la base de Roosevelt Roads comme centre d’opérations accentue la portée géostratégique du dispositif. Fermée en 2004 et longtemps perçue comme un symbole du désengagement américain dans la région, cette installation a connu une revitalisation progressive. Un reportage visuel récent met en avant des travaux de réfection, des pistes rénovées et un trafic aérien militaire en croissance fin 2025, suggérant que le site pourrait servir de plateforme pour des opérations continues de soutien aux contingences liées au Venezuela, tout en restant sur sol américain.

À l’échelle régionale, cette dynamique dépasse Porto Rico. D’autres rapports font état d’activités de l’AC-130J depuis plusieurs points d’Amérique centrale, notamment depuis El Salvador, comme révélé par des images satellites et des médiations à la mi-novembre 2025. Cela s’inscrit dans une démarche plus large des États-Unis visant à combiner missions antidrogue et plans de contingence impliquant la situation vénézuélienne.

Pour les pays voisins, cette posture peut représenter une garantie en matière de sécurité maritime et d’interdiction des trafics illicites, tout en indiquant qu’en cas d’escalade rapide de la crise vénézuélienne, les forces américaines seraient déjà déployées sur place, dotées de capacités de surveillance et de frappe de précision à portée immédiate.

La présence d’un AC-130J armé de missiles Hellfire à Porto Rico illustre donc plus qu’une simple innovation technique : elle confirme une posture stratégique où les forces spéciales américaines et la puissance aérienne des Marines peuvent surveiller, dissuader et, si la décision politique le requiert, mener des actions ciblées sur le territoire vénézuélien ou ses environs, sans nécessiter de déploiements d’alerte supplémentaires.

Teoman S. Nicanci