L’Australie envisage de transférer une partie de ses hélicoptères d’attaque Airbus Tigre retirés à l’Ukraine, alors que Canberra annonce un nouveau paquet d’aide militaire et renforce ses sanctions contre la Russie.
Selon un rapport daté du 3 décembre 2025, l’Australie étudie la possibilité d’envoyer ses hélicoptères d’attaque Airbus Tiger, désormais en cours de retrait, à l’Ukraine. Cette initiative intervient alors que Canberra annonce un nouveau montant d’assistance militaire de 95 millions de dollars australiens (64 millions de dollars américains), accompagné de sanctions supplémentaires à l’encontre de Moscou.
Des discussions seraient en cours, Ukraine ayant officiellement sollicité le transfert d’une partie de la flotte australienne de Tigre, actuellement en phase de transition vers le Boeing AH-64E Apache pour l’armée australienne. Selon des sources proches du dossier, toute décision sur ce transfert serait gérée indépendamment du nouveau soutien financier annoncé.
L’Australie dispose de 22 hélicoptères Tigre entrés en service au milieu des années 2000, dont le retrait officiel est programmé pour 2028. Toutefois, le calendrier pourrait être avancé avec l’accélération de la montée en puissance de l’Apache. Ce remplacement fait suite à des années de critiques portant sur la faible disponibilité opérationnelle du Tigre ainsi que sur son coût élevé de maintenance.
En juillet 2019, le Capability Acquisition and Sustainment Group (CAMSG) avait lancé une demande d’informations pour le remplacement du Tigre, en insistant pour que le nouvel appareil soit éprouvé, mature et immédiatement opérationnel. En janvier 2021, la ministre australienne de la Défense, Linda Reynolds, confirmait l’achat de 29 Apache AH-64E à partir de 2025, pour un coût d’environ 5,34 milliards de dollars australiens (3,5 milliards de dollars américains), afin de remplacer les 22 Tigres.
Cette transition s’inscrit dans une logique de modernisation déjà amorcée avec le remplacement progressif du MRH-90 Taipan par le Sikorsky UH-60M Black Hawk. Début 2024, Canberra avait refusé la demande ukrainienne d’acquisition des hélicoptères Taipan, faisant valoir que ces appareils n’étaient pas aptes au vol et que leur remise en état nécessiterait des travaux lourds et coûteux. Ces hélicoptères ont alors été démantelés, leurs pièces étant destinées à la revente.

Nouveau paquet d’aide et sanctions renforcées
Les informations concernant le potentiel transfert des Tigres interviennent le même jour que l’annonce par l’Australie d’une hausse significative de son aide militaire à l’Ukraine, la première depuis plus d’un an. Ce nouveau soutien de 95 millions de dollars australiens porte l’aide militaire totale fournie par Canberra à 1,7 milliard de dollars australiens (1,14 milliard de dollars américains) depuis le début du conflit en février 2022.
Ce paquet comprend du matériel des Forces de défense australiennes d’une valeur de 43 millions de dollars australiens (28,8 millions de dollars américains), incluant des radars tactiques de défense aérienne, des munitions, ainsi que des contributions à la Coalition pour la Capacité des Drones. Par ailleurs, l’Australie et la Nouvelle-Zélande deviendront les premiers pays non membres de l’OTAN à contribuer à la Liste des Besoins Prioritaires de l’Alliance pour l’Ukraine.
Le gouvernement australien a aussi imposé des sanctions contre 45 navires russes répertoriés comme faisant partie de la « flotte fantôme » russe, utilisée pour le transport de pétrole et la contournement des restrictions internationales.
Ce que les hélicoptères Tigre pourraient apporter à Kyiv
À ce stade, aucune décision définitive n’a été prise concernant l’envoi des Tigres vers l’Ukraine. Si Canberra donne son accord, plusieurs inconnues subsistent, notamment la rapidité avec laquelle les appareils pourraient être remis en état, expédiés et intégrés dans la structure opérationnelle des forces ukrainiennes.
Un tel transfert offrirait à Kyiv un hélicoptère d’attaque européen moderne, à un moment où la flotte hélicoptère ukrainienne reste limitée, reposant largement sur des plateformes soviétiques anciennes. Même en nombre restreint, ces hélicoptères pourraient appuyer les missions d’attaque à basse altitude, les combats contre les blindés et les opérations nocturnes menées sur le front. Leurs capteurs avancés et leur capacité à intégrer des armes guidées ajouteraient des moyens que l’Ukraine ne possède pas encore à grande échelle.
Les Tigres, dotés de canons à tir rapide et de roquettes guidées, pourraient également renforcer la lutte antidrones ukrainienne, particulièrement contre les systèmes lents et bas survol qu’on trouve en grand nombre sur la ligne de front.
Clément Charpentreau