Face aux infiltrations et contrebande transfrontalières, la Border Security Force (BSF) modernise ses dispositifs de surveillance et de réponse le long de la frontière internationale (FI) avec le Pakistan, en ciblant particulièrement les secteurs du Pendjab et du Jammu. Cette modernisation repose sur l’intégration de technologies avancées, le remplacement des infrastructures vieillissantes et le renforcement des capacités anti-infiltration et anti-contrebande.
SK Khandare, Directeur général adjoint du commandement occidental de la BSF, a précisé mardi que la force instaure une nouvelle clôture frontalière résistante, impossible à couper ou à franchir.
« Nous remplaçons l’ancienne clôture le long de la frontière indo-pakistanaise et déployons une solution technologique globale sur les secteurs du Jammu et du Pendjab, regroupant tous les équipements anti-contrebande et anti-infiltration disponibles », a-t-il déclaré.
Un élément essentiel de cette modernisation est l’installation de systèmes de détection de tunnels pour contrer les tentatives d’infiltration souterraines. À Jammu, un dispositif anti-tunnel basé sur l’intelligence artificielle est en cours d’implémentation, intégrant des caméras à vision nocturne capables de détecter les mouvements nocturnes et de déclencher une intervention rapide des troupes. Ce système comprend également un module de ciblage électro-optique combinant radar et caméras. La BSF organise régulièrement des exercices anti-tunnels à Jammu et au Pendjab.
Concernant le mécanisme de détection, Khandare explique que le radar détecte d’abord un mouvement suspect, puis les caméras se positionnent automatiquement sur le point exact. Les troupes évaluent ensuite la menace et adaptent leur réponse. Pour renforcer la couverture dans la région de Jammu, deux bataillons supplémentaires ont été déployés, tandis que les zones fluviales vulnérables sont sécurisées grâce à de nouveaux postes de commandement, un meilleur éclairage et un renforcement des effectifs.
La BSF déploie également largement des systèmes anti-drones dans les secteurs du Jammu et du Pendjab pour freiner l’utilisation croissante de drones par les trafiquants de drogue et d’armes. La coordination avec la police du Pendjab a été renforcée pour assurer un déploiement conjoint ainsi qu’un partage des équipements et du renseignement. Khandare a souligné que les contrebandiers privilégient des drones petits, peu coûteux, difficiles à détecter, avec des charges utiles d’environ 500 g, incluant des modèles à saut de fréquence.
Pour répondre à ce défi, un laboratoire d’analyse médico-légale des drones a été ouvert à Amritsar pour étudier les trajectoires de vol, origines des lancements et points de largage – des données essentielles pour identifier les zones sensibles et affiner les stratégies d’intervention. Comme les largages de drones surviennent souvent en profondeur dans le territoire indien, des équipes BSF sont désormais déployées en zone arrière, et pas uniquement sur la ligne de démarcation (zero line).
Au Pendjab, les réparations des segments de clôture endommagés par les inondations de la mousson ont été achevées. Khandare a reconnu que les trafiquants avaient pu exploiter ces brèches temporaires.
Cette année, la BSF a intercepté 278 drones non autorisés, saisi 380 kg d’héroïne, plus de 200 armes et arrêté 53 ressortissants pakistanais.
Sur l’opération Sindoor, Khandare a rapporté qu’une tentative d’infiltration a été déjouée grâce à l’utilisation de dispositifs portables d’imagerie thermique et de vision nocturne par les forces engagées.
« Des enseignements stratégiques et tactiques tirés de l’opération sont actuellement mis en œuvre », a-t-il ajouté.