Article de 543 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le ministère de la Défense prévoit une augmentation significative de 20 % de son budget d’investissement pour l’exercice 2026-2027, marquant ainsi la plus forte hausse annuelle enregistrée depuis plus d’une décennie. Cette décision s’inscrit dans le contexte de modernisation accélérée des forces armées indiennes, face aux tensions persistantes avec la Chine et à une menace en constante évolution.

Cette demande, qui devrait être officiellement soumise au ministère des Finances en janvier 2026, porterait le budget d’investissement à plus de 2,05 lakh crore de roupies, contre 1,72 lakh crore cette année. La majeure partie de cette enveloppe sera destinée à des acquisitions nationales, dans le cadre de la politique Aatmanirbhar Bharat visant à renforcer l’autonomie stratégique de l’Inde.

Le secrétaire à la Défense, Rajesh Kumar Singh, a averti l’industrie lors du séminaire FICCI Defence : « Nous évoluons dans un environnement particulièrement difficile à bien des égards. Nous allons donc solliciter une hausse plus importante que la normale, autour de 20 %, contre les 10 % habituels. » Il a également insisté sur le caractère non négociable des délais de livraison, précisant que tout retard entraînerait de lourdes pénalités, voire la résiliation des contrats dans les cas extrêmes.

Les données actuelles montrent que 75 % du budget de modernisation est déjà réservé aux fabricants indiens du secteur privé et aux entreprises publiques de défense (DPSU). Le taux d’exécution des commandes nationales atteint près de 88 % pour l’exercice 2025-2026, bien au-dessus du seuil réglementaire fixé entre 68 et 70 %.

Rajesh Kumar Singh a souligné l’urgence d’équiper les unités de première ligne avec des armes de précision à longue portée, des systèmes de défense aérienne et des capacités de drones avancés, notamment à la suite de l’opération Sindoor en mai 2025, qui a révélé certaines lacunes dans les stocks de frappes de précision et de guerre électronique.

Le ministère de la Défense bénéficiait jusqu’à présent d’une hausse moyenne annuelle de 10 % de ses crédits d’investissement. La dernière augmentation supérieure à 20 % remontait à l’exercice 2010-2011, après les attentats du 26/11 à Mumbai. Selon des sources internes, cette nouvelle demande résulte des priorités suivantes :

  • Acquisition de régiments supplémentaires des systèmes BrahMos-NG, Akash-NG et MRSAM
  • Accélération de la construction de trois sous-marins supplémentaires de la classe P-75I et du programme indigène Project-76 de sous-marins conventionnels
  • Financement des deux premiers sous-marins d’attaque nucléaires (SSN) du projet Project-77
  • Déploiement massif de munitions en vol stationnaire, systèmes anti-drones et drones armés
  • Modernisation « Super Sukhoi » de 84 avions Su-30MKI
  • Extension du programme d’artillerie indigène (ATAGS et systèmes d’artillerie montés sur véhicules)

Le ministre de la Défense, Rajnath Singh, intervenant lors du même événement, a rappelé que la situation sécuritaire de l’Inde « ne laisse aucune place à la complaisance ». Il a insisté pour que l’industrie aborde les contrats de défense avec la même rigueur que les forces armées appliquent à leur préparation opérationnelle.