Un nouveau rapport du Council on Geostrategy souligne que le Royaume-Uni peut renforcer durablement son influence en Indo-Pacifique en s’appuyant sur ses alliances, ses capacités de formation et son expertise réglementaire.
Rédigé par l’ancien brigadier des Royal Marines Rory Copinger-Symes CBE, ce document positionne l’alliance AUKUS comme un pilier central de la contribution britannique à la dissuasion régionale sur le long terme. Il met en avant le rôle du Royaume-Uni en tant que partenaire de confiance des États-Unis, de l’Australie et du Japon, et souligne l’importance des formations d’élite, de la puissance douce et des compétences réglementaires spécialisées comme des atouts clés pour renforcer sa valeur auprès des gouvernements locaux.
Le rapport détaille comment le Royaume-Uni peut bâtir des partenariats concrets en associant un engagement militaire ciblé à une diplomatie active. Il identifie plusieurs axes stratégiques, comme la participation au Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP), le renforcement de la coopération maritime avec l’Inde dans le cadre de l’Initiative Indo-Pacifique pour les océans, ainsi qu’une cohérence soutenue entre actions et intentions pour accroître son influence auprès des pays cherchant à ménager une position entre Washington et Pékin.
Cette publication intervient à la suite du déploiement du Carrier Strike Group 2025 et de la parution de la Revue stratégique de défense britannique. Elle souligne que le Royaume-Uni doit prendre des décisions quant à la manière de maintenir une présence stable dans la région et recommande une meilleure formalisation des engagements de défense à long terme. Par exemple, les rotations de sous-marins britanniques dans le cadre d’AUKUS, prévues dès 2027, sont présentées comme des marqueurs d’un engagement pérenne, au même titre que les évolutions envisagées sous le Pilier II.
Le document appelle à une communication stratégique claire, centrée sur la dissuasion collective et la protection de la liberté de navigation dans des eaux contestées. Il soutient qu’une dissuasion efficace face aux revendications chinoises passe par l’appui aux partenaires régionaux, notamment la Malaisie et les Philippines, pour renforcer leurs propres capacités. À cet égard, la proposition d’une Licence générale d’exportation ouverte pour l’Indo-Pacifique est avancée comme un outil pour aligner les exportations d’équipements stratégiques à cet objectif.
Le rapport analyse également le décalage entre la rhétorique britannique et les ressources disponibles, concluant que la cohésion des alliances et un engagement fiable sont plus déterminants que la simple ambition de rivaliser en termes de taille avec les flottes américaine ou chinoise. Il prend l’exemple du déploiement du CSG2025 comme un gage de garantie pour les partenaires régionaux, parfois inquiets de la fiabilité américaine.
« La stratégie indo-pacifique du Royaume-Uni ne peut se reposer uniquement sur des déploiements ponctuels. Elle doit s’appuyer sur un écosystème d’influence plus large que seul le Royaume-Uni est en mesure d’offrir », explique Rory Copinger-Symes. « Au regard de l’évolution des dynamiques mondiales, et particulièrement de la montée en puissance de la RPC comme concurrent stratégique majeur, le Royaume-Uni doit aborder sa stratégie de défense en Indo-Pacifique avec une attention toute particulière. »
Il estime en outre que par un engagement soutenu, le Royaume-Uni peut contribuer à la stabilité de la région Indo-Pacifique et nouer des partenariats durables.