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La Direction Générale de l’Aviation Civile indienne a annulé deux Avis aux Aviateurs (NOTAM) récemment publiés, qui délimitaient de vastes zones d’exclusion aérienne au-dessus de la baie du Bengale en vue d’essais de missiles longue portée. La première annulation concerne un NOTAM initialement prévu du 1er au 4 décembre 2025, couvrant une zone maximale de 3 545 km et incluant les zones à l’est du Commandement de Visakhapatnam et la base sous-marine de la Marine indienne relevant du Commandement naval oriental. La deuxième annulation porte sur un NOTAM du 6 au 8 décembre 2025, avec une longueur maximale de 1 480 km, centrée autour de l’île Abdul Kalam dans l’État d’Odisha.

Ces NOTAM avaient été publiés fin novembre 2025 dans le cadre des préparatifs habituels des essais de missiles réalisés par l’Organisation de Recherche et de Développement pour la Défense (DRDO) sur des zones de test intégrées. La zone du 1er au 4 décembre s’étendait depuis la côte est de l’Inde jusqu’à l’espace aérien international, couvrant un périmètre triangulaire marqué pour les trajectoires de vol potentielles des missiles et les zones d’impact. De même, la zone du 6 au 8 décembre imposait des restrictions aériennes sur la baie du Bengale, partant des sites de lancement près de l’île Abdul Kalam et s’étendant jusqu’à 1 480 km.

Ces annulations ont été officialisées par des avis aéronautiques actualisés le 28 novembre 2025, supprimant les restrictions et ouvrant à nouveau l’espace aérien au trafic normal. Les autorités de l’aviation ont précisé que ces modifications restent soumises aux besoins opérationnels et doivent faire l’objet d’un préavis. Les représentations des zones sont approximatives et non exhaustives. Aucune explication officielle n’a été fournie par la DRDO ou le ministère de la Défense quant à la résiliation soudaine de ces NOTAM, même si des précédents historiques laissent penser à des facteurs externes influençant le calendrier des essais.

Des images satellites et des analyses issues du renseignement open source (OSINT) réalisées par l’analyste Damien Symon (@detresfa_
sur X) ont documenté les limites de ces NOTAM, mettant en lumière la focalisation stratégique sur le littoral oriental, caractéristique des validations des missiles balistiques et de croisière indiens. Les visualisations de Symon, partagées le 28 novembre 2025, superposent les zones annulées sur des cartes nautiques, révélant leur recoupement avec les voies maritimes internationales dans la baie du Bengale et la mer d’Andaman.

Il s’agit de la troisième annulation de ce type en 2025, sur fond de présence de navires de recherche chinois à proximité des zones d’essais. En octobre 2025, un NOTAM de 3 550 km prévu du 15 au 17 octobre avait été retiré la veille, suite à l’arrivée de plateformes de surveillance chinoises et américaines. De même, un NOTAM du 25 au 27 novembre près des îles Andaman et Nicobar avait été annulé en raison de la présence de trois navires chinois — Shi Yan-6, Shen Hai Yi Hao, et Lan Hai-201 — dans le rayon de danger désigné. Les observateurs de la défense expliquent que ces navires, souvent qualifiés de « recherche », sont équipés pour des collectes hydrographiques et de renseignement électromagnétique, incitant les autorités indiennes à reporter les essais pour limiter les risques de fuite d’informations sensibles.

Ce schéma souligne des tensions maritimes croissantes dans la région de l’océan Indien, où la Chine déploie une flotte grandissante de navires océanographiques à double usage. Au 28 novembre 2025, quatre de ces navires chinois étaient suivis dans la zone, dont une nouvelle plateforme déployée simultanément aux NOTAM du mois de décembre. Le programme stratégique indien de missiles, comprenant les séries balistiques Agni et les missiles BrahMos, repose sur des lancements vers l’est au-dessus de la baie du Bengale afin d’assurer des trajectoires complètes sans survol des territoires voisins.