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Lors de la conférence Admiral J G Nadkarni à Pune, l’amiral de la Marine indienne Dinesh K Tripathi a souligné que l’Opération Sindoor illustre parfaitement la « posture de préparation constante » de la Marine indienne. Lancée en réponse à l’attaque terroriste de Pahalgam en avril, cette opération a démontré une capacité de déploiement rapide, des tirs d’armes efficaces et des manœuvres audacieuses qui ont contraint la flotte pakistanaise à rester confinée près de ses ports.

En moins de 96 heures après l’attaque ayant fait 26 victimes, la Marine a déployé un groupe de combat de porte-avions dans l’océan Indien nord, accompagnée d’exercices de tirs multiples, envoyant ainsi un « message clair de force écrasante si nécessaire ». L’amiral Tripathi a insisté sur le fait que les conflits modernes surviennent souvent « sans avertissement », rendant indispensable que chaque unité navale soit prête au combat en permanence, y compris lors de missions courantes.

Il a par ailleurs rappelé que le paysage des menaces a profondément évolué, avec des acteurs non étatiques désormais capables de déployer des moyens offensifs autrefois réservés aux États. Cette évolution requiert une vigilance renforcée et une préparation opérationnelle constante.

Opérations récentes et missions de haute intensité

L’amiral a détaillé le rôle actif de la Marine indienne dans l’ensemble de la région indo-pacifique, notamment dans la sécurisation des voies maritimes, les patrouilles anti-piraterie et les interventions d’urgence maritime, réalisées sans distinction de la nationalité des équipages ou du pavillon des navires concernés. En 2023, ces missions opérationnelles ont permis à la Marine d’enregistrer près de 11 000 jours de mer.

Parmi les interventions saluées, il a mentionné l’action de l’INS Visakhapatnam lors de l’incendie à bord du MV Marlin Luanda, transportant une cargaison hautement inflammable, ainsi que le sauvetage par l’INS Teg de neuf membres d’équipage de l’MT Prestige Falcon chaviré au large d’Oman. Ces opérations ont reçu des distinctions de l’Organisation maritime internationale lors de deux années consécutives.

Une révolution technologique dans la guerre navale

L’amiral Tripathi a souligné que la technologie transforme la guerre navale à un rythme sans précédent. Le marché mondial des navires autonomes, évalué à 1,65 milliard de dollars en 2024, connaît une croissance annuelle de 10 % et pourrait représenter 17 % du transport maritime d’ici 2040. Parallèlement, l’intelligence artificielle militaire, estimée à 9,3 milliards de dollars cette année, favorise une « guerre à la vitesse des machines » grâce à des systèmes autonomes de ciblage et des capacités prédictives de détection.

Il a expliqué que l’environnement opérationnel devient de plus en plus transparent grâce à l’utilisation de drones, de satellites et d’analyses assistées par IA. La guerre moderne mêle désormais des drones à coût réduit à des armes hypersoniques très coûteuses, ce qui modifie profondément l’équilibre entre les coûts des opérations offensives et défensives.