Dans une avancée majeure pour la sécurité indo-pacifique, l’Inde et l’Indonésie sont proches de finaliser un accord crucial portant sur le missile de croisière supersonique BrahMos. Selon des sources, les deux pays peaufinent actuellement les aspects financiers et définissent une stratégie d’acquisition progressive, marquant la fin d’intenses négociations.
Ce développement, mis en avant lors du troisième Dialogue des ministres de la Défense Inde-Indonésie, souligne un renforcement significatif du partenariat stratégique entre ces deux nations face à un contexte régional en évolution.
Le BrahMos, fruit d’une collaboration indo-russe reconnue pour sa vitesse, sa précision et sa polyvalence de lancement depuis plusieurs plateformes, était au cœur des échanges entre le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, et son homologue indonésien, Sjafrie Sjamsoeddin. Lors de la rencontre tenue à New Delhi le 27 novembre, Singh a remis à Sjamsoeddin une maquette du missile, symbole de confiance et de coopération. Plus tôt dans la journée, la délégation indonésienne a visité les installations de BrahMos Aerospace, bénéficiant d’un exposé détaillé sur le fonctionnement du système et son intégration possible dans la stratégie de défense de Jakarta. Ces interactions ont poussé les négociations vers leur phase finale, seules les approbations russes étant encore attendues pour la conclusion de l’accord.
Ce contrat, évalué à environ 450 millions de dollars, ferait de l’Indonésie le deuxième pays d’Asie du Sud-Est à se doter du BrahMos, après les Philippines qui avaient signé un accord de 375 millions de dollars en 2023. Pour l’Indonésie, qui partage des frontières maritimes dans la zone disputée de la mer de Chine méridionale, ce missile représente un renforcement significatif de ses défenses côtières et navales. Avec une portée actuelle atteignant 290 kilomètres, qui devrait être portée à 500 kilomètres pour les frappes terrestres et 400 kilomètres pour les opérations maritimes, le BrahMos offre des capacités polyvalentes et de haute précision contre des cibles terrestres et de surfaces à basse altitude.
La structuration du contrat prévoit un déploiement échelonné, permettant à l’Indonésie d’intégrer progressivement ces systèmes tout en tenant compte des contraintes budgétaires. Cette approche s’inspire du modèle philippin, qui implique la livraison de trois batteries, les premières unités ayant déjà été expédiées depuis la nouvelle usine de fabrication indienne à Lucknow. Selon des informations plus larges, ce contrat s’inscrit dans un plan d’exportation indien d’une valeur de 450 millions de dollars, visant également le Vietnam, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, consolidant ainsi la position de New Delhi comme exportateur croissant d’armements.
Le calendrier de ces avancées coïncide avec la visite de Sjamsoeddin du 26 au 28 novembre, dans un contexte de renforcement de la vision d’un « Indo-Pacifique libre et ouvert », un concept soutenu par les deux pays pour contrebalancer les influences régionales jugées assertives. L’intérêt indonésien pour le BrahMos remonte à plusieurs années, passant de discussions exploratoires à une offre formelle confirmée récemment par Singh. Toutefois, ce système issu de la coopération indo-russe nécessite l’aval de Moscou, une étape réglementaire qui demeure un gage important malgré les tensions géopolitiques.
Si l’accord se concrétise, il diversifiera non seulement l’arsenal indonésien, mais renforcera aussi les liens bilatéraux, notamment à travers des exercices maritimes conjoints et des coopérations industrielles sous l’égide du Comité conjoint de coopération en défense. Pour l’Inde, cette transaction s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Make in India », mettant en avant la maîtrise industrielle nationale et contribuant à l’objectif de 5 milliards de dollars d’exportations annuelles de défense d’ici 2025.