Les États-Unis ont décidé de livrer à l’Arabie Saoudite des avions de chasse F-35 dont les capacités seront délibérément limitées afin de préserver la supériorité militaire qualitative d’Israël dans la région. Cette mesure vise à respecter la législation américaine garantissant à Israël un avantage stratégique en matière de défense.
Lors d’une récente communication, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a informé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que les F-35 destinés à Riyad seront une version moins avancée que celle en service chez Israël, rapporte Axios, citant des sources américaines et israéliennes. Ces appareils, bien que modernes, ne bénéficieront pas des équipements les plus sophistiqués disponibles sur la flotte israélienne, notamment en matière d’armements, de guerre électronique et de brouillage radar.
Le président Donald Trump, lors d’une rencontre à Washington avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, a confirmé que les jets livrés au royaume auront un « calibre réduit », correspondant aux exigences d’Israël. Il a également annoncé une commande importante, proche de 300 chars de combat américains par l’Arabie Saoudite.
Marco Rubio doit poursuivre des consultations avec les autorités israéliennes pour garantir que cet accord de vente ne compromettra pas le programme américain de maintien de la Qualitative Military Edge (QME) d’Israël, une disposition inscrite dans la loi américaine. Un responsable américain a insisté : « Nous avons assuré les Israéliens de notre engagement envers la QME et que nous ne la violerons pas. »
Cette annonce intervient alors que, depuis plusieurs semaines, le débat reste vif sur la vente des chasseurs F-35 de cinquième génération au royaume saoudien. Bloomberg avait indiqué le 14 novembre qu’un accord pourrait intervenir lors de la visite du prince à Washington. Toutefois, le Pentagone exprime des réserves, inquiet qu’une telle opération puisse remettre en cause l’avantage militaire israélien dans un Moyen-Orient déjà très instable.
Par ailleurs, Axios a rapporté le 15 novembre que l’État hébreu pourrait solliciter des garanties de sécurité supplémentaires en cas de vente aux Saoudiens, insistant pour que ce transfert soit conditionné à une normalisation des relations entre Riyad et Tel-Aviv. Cette prudence reflète la complexité stratégique dans une région où les alliances restent fragiles.
Outre les différences technologiques, Israël conserve un avantage significatif en termes de quantité : ses forces exploitent actuellement deux escadrons de F-35, avec un troisième en commande, tandis que l’Arabie Saoudite serait limitée à deux escadrons, livrés sur plusieurs années.