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La société indienne Nautical Wings Aerospace, basée à Bengaluru, ambitionne de développer un moteur électrique d’une puissance de 1 MW destiné aux futures plateformes VTOL (décollage et atterrissage vertical). Cette annonce signale une avancée majeure d’une entreprise privée indienne dans un domaine très spécialisé, dominé par des acteurs internationaux.

Après avoir conçu avec succès des moteurs électriques de propulsion de 30 à 40 kW, la société déclare disposer désormais de l’expérience et des compétences techniques nécessaires pour passer à des puissances supérieures.

Le développement du moteur 30 à 40 kW a requis près de quatre ans d’ingénierie et de mise au point en électronique de puissance, touchant à la fois la science des matériaux et la gestion thermique. Mais cette phase d’apprentissage permet aujourd’hui d’accélérer le processus sur les futurs projets.

Selon Nautical Wings, la prochaine étape consistera à adapter l’architecture existante pour produire des systèmes de propulsion entre 100 kW et 500 kW. Associés à des hélices optimisées, ces moteurs permettront de développer :

  • Des petits avions électriques
  • Des plateformes VTOL hybrides-électriques
  • Des drones à haute endurance
  • Des concepts de mobilité aérienne urbaine

Ces moteurs de plus forte puissance constitueront un pont technologique vers le système de 1 MW, qui pourra propulser de grands appareils VTOL électriques ou hybrides, notamment des taxis volants.

Un moteur électrique de 1 MW certifié pour le vol habité placerait immédiatement l’Inde parmi un cercle très fermé :

  • Rolls-Royce (Royaume-Uni/Allemagne) – 2,5 MW pour le projet Spirit of Innovation et des programmes régionaux futurs
  • magniX (États-Unis) – magni650 (640 kW), actuellement le plus puissant certifié
  • H3X (États-Unis) – HPDM-2500 ciblant 2 à 3 MW (en phase pré-certification)
  • Partenariats chinois CATL/Comac – moteurs de 1 à 2 MW en développement confidentiel

Singh, dirigeant de Nautical Wings, reconnaît que la conception du premier moteur 40 kW « a failli nous ruiner ». Réalisé avec des fonds providentiels et des économies personnelles dans un local de 56 m², l’équipe a dû traverser 38 itérations de bobinages et trois incendies liés à des emballements thermiques. « Nous avons tout appris à la dure », confie-t-il en souriant. « Aujourd’hui, nous sommes capables de concevoir, prototyper et tester un nouveau moteur en 9 à 12 mois au lieu de 4 ans. »