Le groupe espagnol Indra s’est vu confier la conception d’une nouvelle station radar destinée à la corvette européenne de patrouille modulaire et multifonction (EPC), développée dans le cadre de la Coopération Structurée Permanente de l’Union européenne. Le 18 novembre dernier, le Conseil européen a validé un financement de 18 millions d’euros pour la réalisation d’un modèle d’ingénierie du système.
Ce radar sera équipé d’une antenne AESA rotative et fonctionnera dans la bande E/F, comprise entre 2 et 4 GHz. Indra produit déjà la famille de radars Lanza, opérant dans la bande D (entre 1 et 2 GHz), incluant notamment des versions navales co-développées avec le groupe indien Tata.
L’Espagne, représentée par le chantier naval Navantia, fait partie des trois pays du consortium industriel qui a présenté le design retenu en juin dernier. Un calendrier strict encadre le projet, imposant une exécution sans prolongation possible jusqu’au 30 octobre 2029.
Le consortium regroupe également le Groupe Naval français et l’italien Fincantieri, tandis que les sociétés Naviris (France-Italie) et Hydrus (Grèce) ont été sélectionnées comme sous-traitants. Ces partenaires visent à créer une plateforme standardizable, adaptable aux besoins spécifiques de chaque marine nationale.
Les futures corvettes devraient avoir un déplacement d’environ 3 000 tonnes pour une longueur d’environ 110 mètres. Leur objectif est de remplacer plusieurs classes actuelles de patrouilleurs et de frégates légères en service dans les pays participants.
Deux configurations principales sont envisagées : la France et l’Espagne privilégieraient une version orientée patrouille, tandis que l’Italie et la Grèce s’intéresseraient davantage à une variante plus armée, destinée à renforcer les capacités de combat.
En Italie, ces corvettes pourraient remplacer les patrouilleurs Cassiopea et Sirio, construits respectivement en 1989 et 2002.
Quant à l’Espagne, elle planifie le renouvellement de sa flotte en retirant les bâtiments de la classe Serviola et l’Infanta Cristina de la classe Descubierta, entrer en service en 1980.
La France prévoit d’utiliser ces nouvelles corvettes pour substituer les six frégates de la classe Floréal, introduites en 1992. Le programme EPC ambitionne ainsi de dessiner la prochaine génération de plateformes navales européennes de taille moyenne.
Le projet de corvette européenne de patrouille
Quatre pays – Italie, France, Espagne et Grèce – collaborent pour développer les navires de la classe MMPC (Modular Multi-Purpose Corvette), appuyés par un consortium industriel ayant proposé le Programme Européen des Corvettes de Patrouille (EPC). Par ailleurs, le Danemark et la Norvège, en tant qu’États participants, contribuent aux études innovantes associées au programme.
Coordonné par Naviris, le consortium réunit les principaux chantiers navals Naval Group, Fincantieri et Navantia, ainsi que diverses entreprises des États impliqués. Ce projet ambitieux bénéficie du soutien financier du Fonds Européen de Défense (FED) et des États membres concernés, impliquant de nombreuses sociétés issues de douze pays.
L’objectif est de fournir la conception initiale d’un nouveau type de navire de guerre : la corvette européenne de patrouille (EPC), déclinée en deux variantes :
- Combattant complet multipropósito (FCM),
- Multipropósito longue portée (LRM).
Le programme est cofinancé par la Commission européenne, via le Fonds Européen de Défense. Dans sa dernière phase, un budget de 154,5 millions d’euros a été approuvé pour soutenir la conception, le développement et l’intégration de technologies innovantes dans le cadre du programme EPC.
Martin Chomsky