L’Inde s’apprête à finaliser son plus important contrat d’exportation impliquant le missile de croisière supersonique BrahMos, d’une valeur d’environ 450 millions de dollars. Ce nouveau pacte, qui concerne plusieurs nations alliées, dépasse le précédent accord de 375 millions de dollars avec les Philippines et illustre la demande croissante pour ce système d’armes éprouvé sur le terrain. Ces contrats marquent une étape clé dans l’ambition de New Delhi de devenir un fournisseur majeur de sécurité dans la région indo-pacifique et au-delà.
Le BrahMos a été récemment mis en lumière lors de l’opération Sindoor, lancée en réponse à l’attaque terroriste du 22 avril 2025 à Pahalgam, au Jammu-et-Cachemire, qui avait fait 26 morts civils. Cette opération, initiée le 7 mai, visait les infrastructures terroristes liées à Jaish-e-Mohammed et Lashkar-e-Taiba au Pakistan et dans la région du Cachemire contrôlée par le Pakistan. Durant la deuxième phase, entre le 9 et le 10 mai, l’Indian Air Force (IAF) a tiré entre 15 et 19 missiles BrahMos depuis des chasseurs Su-30MKI, ciblant avec une grande précision 11 bases aériennes pakistanaises clés. Ces frappes ont gravement endommagé pistes, hangars et centres de commandement, rendant plusieurs bases opérationnellement inutilisables pendant plusieurs jours et neutralisant la défense aérienne pakistanaise.
Cette démonstration opérationnelle a suscité un vif intérêt auprès de pays d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d’Afrique. La présentation récente du BrahMos au Salon aéronautique de Dubaï a renforcé l’attrait pour ce missile, attirant de nombreux délégués désireux d’en étudier l’intégration.
Selon des sources militaires consultées, les accords imminents, d’une valeur d’environ 450 millions de dollars (soit environ 3 800 crores de roupies), impliquent au moins deux pays. Ils couvrent des systèmes côtiers anti-navires, des formations ainsi que des packages de soutien logistique, reprenant le modèle des précédentes exportations, mais à une échelle supérieure. « Ces contrats devraient être signés prochainement et sont actuellement dans leur phase finale. Ils seront suivis par de nombreux autres, car l’intérêt international pour ces missiles est considérable », ont indiqué ces sources.
Le principal bénéficiaire potentiel est l’Indonésie, où les négociations pour un ensemble complet BrahMos sont achevées, en attente d’une approbation finale russe, nécessaire en raison du partenariat technologique conjoint. Cet accord, estimé entre 400 et 450 millions de dollars, s’appuie sur un nouvel accord de coopération en matière de défense ratifié plus tôt cette année, ainsi que sur la visite d’État du président indonésien Prabowo Subianto en Inde en janvier 2025. Le Vietnam, autre client de longue date, est également en pourparlers avancés, motivé par des préoccupations communes sur les menaces dans la région maritime.
Ce contrat dépasse largement celui conclu avec les Philippines en janvier 2022, d’une valeur de 375 millions de dollars (3 115 crores de roupies), qui avait fourni trois régiments de défense côtière en missiles, lanceurs et équipements de soutien. Deux lots ont déjà été livrés, avec l’inauguration en novembre 2025 de la première batterie de missiles par le Corps des Marines philippin, dans un contexte de tensions croissantes en mer de Chine méridionale.
En octobre 2025, le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, avait confirmé la signature de contrats d’une valeur cumulée de 4 000 crores de roupies (455 millions de dollars) avec deux pays non révélés, en phase avec le calendrier mentionné. Lors du lancement du premier lot depuis la nouvelle unité d’intégration de Lucknow, il avait qualifié le BrahMos de « plus qu’une arme – un symbole des capacités indigènes de l’Inde », ajoutant que « tout le territoire pakistanais est désormais à la portée du BrahMos ».
Ces exportations interviennent à un moment crucial pour l’industrie de défense indienne. L’exercice fiscal 2024-2025 a enregistré des exportations à hauteur de 21 083 crores de roupies (2,5 milliards de dollars), avec une progression annuelle de 78 %, où les missiles représentent une large part. Après l’opération Sindoor, le ministère de la Défense a validé d’importantes acquisitions nationales : plus de 200 missiles BrahMos à portée étendue pour la Marine, des versions air-sol pour les Su-30MKI de l’IAF, ainsi que des systèmes terrestres pour l’armée de Terre.